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La langue de Voltaire en Net : la révolution (qui vient) du Québec

Par Louis-Martin Essono , le 06 octobre 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

On se sait plus ce qu’il est meilleur de dire dans une lettre : le "mail" le courrier électronique, le mél ou le courriel. Ces désignations tentent simplement de sauver la langue française du flot des lexies anglaises qui polluent les écrans d’ordinateurs et le langage électronique. Le phénomène de l’emprunt, de la troncation ou de la siglaison n’a jamis été aussi fertile et fécond qu’avec l’arrivée et l’évolution des techniques de la communication. Heureusement pour la France et les francophones, une devise bien ancienne nous assure : flectuat nec mergitur.

C’est pourquoi, l’envahissement, disons même, l’invasion du vocabulaire anglo-saxon qui pollue notre belle langue connaît des parades linguistiques les plus belliqueuses. Le magazine Zdnet a vulgarisé en septembre 2000, un texte qui faisait état de la riposte francophone.

L’initiative du maintien des termes en français (ou francisés)vient du Canada, dont l’ OLF , l’Office canadien de la langue française, organisme officiel, vient de mettre à la disposition du public son Grand dictionnaire terminologique(GDT). Notons au passage que cet office est devenu depuis le 1er octobre dernier l’ OQLF , l’Office quebecquois de la langue française.

Le GDT propose un équivalent pour la plupart des anglicismes fréquemment en usage sur l’Internet. Voilà pourquoi vous y rencontrerez des termes comme pourriels, gratuiciels, pollupostage ou fouines. Sans doute, passent-ils mieux que les anglo junk e-mail, freeware, spamming ou hacker ? Vous pouvez aussi vous amuser avec des équivalents bien français ou de savoureux néologismes à l’exemple de clavardage qui équivaut au chat déjà adopté par le monde francophone.

Le grand dictionnaire terminologique se présente lui-même comme

un ouvrage de référence unique rassemblant un fonds terminologique d’envergure de 3 millions de termes français et anglais dans 200 domaines d’activité.

Il est le compagnon indispensable de tous ceux et celles qui doivent traduire, réviser ou rédiger des textes impeccables. Le GDT propose un équivalent pour la plupart des termes barbares d’origine anglaise que l’on utilise fréquemment sur l’Internet. Ainsi qu’une définition du mot ou de l’expression, une liste des synonymes et même des termes à éviter.

Il faut noter que l’ OLF se contente de préconiser, sans imposer et fait preuve de réalisme, à tel point que toile s’efface au profit de web. Forcément interactif, le site du GDT accepte volontiers commentaires et suggestions des internautes. pour un renouvellement termininologique permanent et actualisé. Le site du Grand dictionnaire terminologique propose aussi des téléchargements gratuits -un module d’extension personnalisé du GDT en ligne», permettant un accès aussi bien sur PC que sur Mac.

Une langue qui n’évolue pas se meurt. Et le français survit. Il reste seulement que les traducteurs arrivent à bien configurer les temps verbaux directement tirés des "méls". En réponse à des messages électroniques des mails ou des courriels, un texte automatique vous apprend que

Dominique écrivit

au lieu du simple a écrit. Comment réagir au nouveau style d’écriture, la cyberécriture, qui s’impose de plus en plus dans le net et qui commence à envahir la salle de classe ?

Faut pas s’en faire, la mondialisation, ce n’est pas l’uniformisation ou l’uniformité. Mais, en matière de langue, on a des plats sur la toile.

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