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Sanjit Bunker Roy : Franchir les distances, toutes les distances, en éducation.

Par Denys Lamontagne , le 18 novembre 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

La distance apparente qu’il reste à franchir pour la formation à distance est de moins en moins souvent physique mais de plus en plus souvent économique et sociale.

Si plus de la moitié de la population de la planète est incapable de se payer les cours ou les équipements pour y accéder ou encore n’a pas les préalables de la langue écrite et de la méthodologie pour étudier, on ne peut que constater la distance, le gouffre, qui sépare les gens et l’éducation.

Les milliers de jeunes ruraux qui peuplent les campagnes du monde sont fréquemment considérés comme inatteignables par l’éducation, même par la formation à distance.

La réalité est celle-ci : lorsque quelqu’un souhaite travailler dans un village, le système éducatif officiel l’en dissuade. La mentalité est celle-ci: retourner à la campagne n’offre aucune perspective, rester en ville est une réussite.

La formation à distance quant à elle, n’y voit pas de potentiel économique.

Par où commence t’on ?

Sanjit Bunker Roy, un indien habitant au Rajasthan, a choisi d’oeuvrer à la campagne plutôt qu’en ville, et à la base plutôt qu’aux échelons supérieurs de l’administration.

Il est le fondateur des Collèges aux pieds nus ( Barefoot College), qui essaiement dans les campagnes de tout l’état du Rajasthan et maintenant dans 13 des 26 états de l’Inde. Ces collèges ont déjà formé deux générations de villageois qui n’avaient au départ aucun diplôme scolaire.

«L’idée de base, c’est de faire appel aux savoirs locaux avant de recourir à des compétences extérieures» «Un sens de la propriété est très important pour le succès de tout projet et ce sens vient seulement quand les services sont payés par et pour les individus eux-mêmes.»

La corollaire de cette idée est que les technologies trop dispendieuses ne trouveront pas leur place et que les activités non viables à long terme ne débuteront même pas !

«On peut encourager l’initiative privée sans pour autant commercialiser l’éducation. Donnons plus de responsabilités, d’espace, de liberté aux bonnes volontés, ajoute-t-il. Tel qu’il fonctionne actuellement, le système public ne peut relever seul le défi de l’enseignement en milieu rural. Il anéantit la créativité et décourage l’initiative. Ses enseignants doivent s’en tenir aux méthodes et aux discours prescrits.»

En partant du constant qu’une majorité de jeunes ne vont jamais à l’école le matin parce qu’ils doivent travailler chez eux, on gagne donc à les orienter très tôt vers une formation professionnelle, afin qu’ils puissent acquérir des compétences nouvelles tout en continuant à aider leurs parents.

Quelqu’un sait quelque chose ? Il peut l’enseigner aux autres. Quelqu’un ne peut pas aller à l’école le matin ou le jour ? Il y viendra le soir. On forme prioritairement des jeunes à des technologies utiles à toute la collectivité

Est-ce que celà vous donne des idées pour la formation à distance ?

Des pistes à retenir pour la formation à distance :

  • Des contenus pratiques, utilisables dans les communautés;
  • Des cours qui peuvent être suivis sous encadrement local, le soir;
  • La formation de ressources locales pour fournir l’encadrement;
  • Des technologies présentes mais éprouvées et simples : éclairage aux diodes luminescentes, radio; fax, téléphone, et éventuellement, imprimante et courrier électronique pour télécharger documents ou expédier des résultats d’examens.

Vous voyez d’autres choses ?

Pour plus d’informations sur les collèges aux pieds nus : BarefootCollege.org

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