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Sénégal : l’Éducation par la radio rurale

Par Louis-Martin Essono , le 28 août 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 27 août 2012

Le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information de Dakar (CESTI) abrite, depuis la semaine dernière, la 2ème session de formation supérieure en radio rurale à l’intention de 30 animateurs. Plusieurs thèmes constitueront le programme de ce séminaire qui durera jusqu’au 16 septembre 2004. Les animateurs de radios rurales en provenance de neuf pays d’Afrique prendront en effet connaissance des disciplines comme les technologies en réseau, la gestion des ressources humaines la Sociologie rurale, le Genre ou la Communication pour le développement.

Si l’on se souvient que la communication en Afrique est multiforme, mais surtout orale, on se convainc de plus en plus que les moyens techniques de communication se complexifient et vont de plus en plus loin pour atteindre le plus grand nombre de personnes. Parmi ces moyens de communication, la radio demeure le médium le plus populaire, le plus répandu, le plus pratique et le plus utilisé.

Les structures administratives et les organisations s’en servent aujourd’hui pour une éducation de masse, pour l’instruction scolaire et même pour le développement. Les thèmes retenus pour le séminaire de Dakar attestent de cette vocation de la radio de proximité que l’on exploite très peu en Afrique.

À Dakar, on fera comprendre aux animateurs que l’idée de développement est inféodée à celle de croissance économique. Personne n’ignore, aujourd’hui, que les médias sont, de fait, infiniment plus puissants et plus déterminants que l’éducation familiale ou nationale, dans leur fonction d’influencer les pensées et comportements des personnes et des groupes.

Pour les organisateurs, dont le Gouvernement sénégalais et celui de la Confédération helvétique, le communicateur doit pouvoir, aujourd’hui, au-delà de l’état de veille qui le maintient dans la nécessité de s’ajuster constamment aux innovations de son outil de travail, coordonner les impulsions et les mouvements de sa société, pour harmoniser un niveau de discours et de conduite qui peut promettre l’épanouissement collectif et individuel. La radio s’utilise, que l’on sache lire et écrire ou non et elle convient le mieux au développement.

L’Afrique commence enfin à prendre véritablement conscience des enjeux des outils médiatiques devant intervenir dans la voie vers le développement de ses populations. Il est regrettable que la prolifération des radios proximales ne serve qu’à la diffusion de la musique ou des sketch souvent sans valeur éducative. L’école par la radio est bien négligée et l’éducation par les circuits informels et libres ne prend aucune importance aux yeux des États. Le séminaire de Dakar est sans doute un nouvel élan vers l’exploitation de tous les types de canaux éducatifs.

 

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