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Afrique de l’Est et Maurice : Promouvoir les langues africaines par les TIC

Par Louis-Martin Essono , le 13 août 2004 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Le journal mauricien L’Express rapporte dans un récent article que, lors du dernier sommet des Chefs d’État de la SADC, la Communauté Économique des Pays de l’Afrique de l’Est,

les membres de la l’Association linguistique des universités de la SADC (ALUS), ont profité de l’occasion pour organiser un séminaire international dont le thème a porté sur "Langues et technologies : Perspectives pour les langues de l’Afrique du sud et de l’est".

Le séminaire a été conjointement organisé par l’Université de Maurice (UM) et le Consortium du Mississippi pour le Développement international.

Cette rencontre, précise le Pr. Vinesh Hookoomsing, vise plusieurs objectifs, entre autres

  • . faire le point sur la situation des langues africaines dans le contexte mondial actuel des nouvelles technologies de l’information
  • assurer la création des ressources documentaires sur les langues africaines par nos instituts de recherches
  • proposer un plan de recherche et d’action qui sera soumis à la SADC

On sait que les priorités de la SADC sont essentiellement le commerce et le développement économique, mais un développement durable n’est possible que si les diversités culturelles et linguistiques sont respectées. Dans la même perspective, l’Île Maurice s’estime heureuse de d’organiser un tel séminaire, car, bien qu’habituée aux langues asiatiques et européennes, elle a intérêt à bien connaître les langues africaines qu’elles partagent cependant. Il s’agit également pour le pays de l’eau de sensibiliser la société mauricienne à la réalité des langues africaines

Un des ateliers a analysé l’importance des Tic dans le développement des langues africaines en recherchant le rôle de ces outils aussi bien dans la description et l’étude des langues que dans l’enseignement. De nombreux chercheurs venant de la Suède, de la France, des États-Unis et de l’Afrique ont présenté des travaux sur plusieurs sujets dont par exemple "La contribution historique de la Tanzanie dans la récognition et la promotion du swahili, cette langue étant la seule langue africaine des quatre langues officielles de l’Union africaine, à côté de l’anglais, du français et de l’arabe. Un autre sujet s’est penché sur le "Développement et l’implémentation d’une grammaire formelle du créole mauricien".

On peut se féliciter que les véritables problèmes de l’Afrique commencent à être pris au sérieux dans le cadre de l’insertion des nouvelles technologies. Très peu de pays acceptent la nécessité de développer leurs langues et leur insertion dans le système international qu’impliquent les Tic. Les nombreuses langues, variées et riches constituent un patrimoine que viennent exploiter des chercheurs étrangers auprès de qui les Africains se ressourcent bien des années plus tard.

Si la Sadc prend les initiatives dont attend les retombées, on reconnaîtra que des structures fonctionnent dans le cadre de l’Union Africaine et que l’Académie africaine des langues demeure un peu trop restreinte dans ses décisions et des propositions qui semblent beaucoup trop individualisées et confidentielles. Ce qui est très dommage. Les décisions et les recommandations de la SADC sont , en tout cas, très vivement attendues.

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