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Publié le 19 septembre 2004 Mis à jour le 12 décembre 2008

Formation à distance en Afrique francophone : mais où est donc la politique nationale ?*

L’horizon 2015 pour l’Éducation pour tous se rapproche. Les pays africains, sous l’instigation et la menace des bailleurs de fonds, s’activent pour mettre sur pied des mesures pour éradiquer l’analphabétisme du continent, surtout que l’élection d’une nation pour bénéficier de l’initiative des Pays Pauvres Très Endettés forçaient les élus à favoriser les actions sociales comme l’éducation, la santé et l’investissement public. Des plans stratégiques s’élaborent pour que 2015 soit une année fructueuse au titre de l’Éducation.

Un communiqué avait déjà annoncé la tenue de ces assises des mois plus tôt.

Organisée à Dakar par le Breda Bureau régional l’UNESCO à pour l’Education en Afrique à Dakar, l’ AUF et la Banque Mondiale, une rencontre a rassemblé du 14 au 16 septembre, les délégués de 17 pays chargés de constituer un réseau régional de partenaires en vue de mettre en commun expertise, contenus et offres de formation en formation ouverte et à distance. Axée sur la formation à distance des enseignants, cette réunion devait fournir des informations sur les activités menées au niveau national dans le domaine de la fàd et de l’utilisation des Tic pour la formation des formateurs.

Six questions, harmonisant la réflexion ont fait l’objet des discussions entre les représentants des pays de l’Afrique subsaharienne. Les questions portaient sur l’identification des organisations et des projets impliqués dans les activités de la fàd, sur les bailleurs de fond qui financent et qui soutiennent ces initiatives. La réflexion a également tourné autour des méthodologies utilisées, de l’environnement des technologies adoptées et des contenus de formation.

Les acteurs de Dakar, après avoir rendu compte de ces activités, déplorent l’absence de politique nationale de fàd en dépit des grand’ messes fréquemment organisées sur la question. Thot y est revenu plusieurs fois et un ouvrage de Jean Valérien, certes ancien, mais toujours actuel semble inconnu. Le

Guide pour la préparation et la mise en œuvre de politiques nationales de formation à distance

avait été publié en 1997 par la Direction de la Formation à distance de la défunte Acct.

Lors des recommandations adressées à leurs Gouvernements, les participants ont proposés trois axes assez clairs : ils ont souhaité voir précisées, d’une part, les «politiques et organisations éducatives». D’autre part, ils proposent que soient mises sur pied des «politiques de technologies de l’information et aux infrastructures» et, enfin, ils veulent voir se développer clairement les «plans et les offres de formation».

Ces vieux ne sont pas nouveaux, malgré l’existence de l’Asaffad, l’association francophone de formation à distance, les participants de Dakar militent encore pour la mise en place d’une structure de gestion de la formation à distance et la constitution d’un réseau d’échange des expériences et pratiques réussies. Ils recherchent également la validation, l’homologation l’établissement des mécanismes de reconnaissance des diplômes et la constitution d’un fonds national et sous-régional d’appui à la formation à distance, qui devrait être intégrée dans les programmes décennaux d’éducation des pays.

La forte demande en éducation, soulignée la semaine dernière par Thot pour le Cameroun est confirmée pour l’Afrique qui a besoin de près de 4 millions d’enseignants supplémentaires pour être en mesure d’affronter le défi de l’éducation pour Tous en l’an 2015. Plusieurs types d’enseignants attendent d’être formés : ceux qui ont besoin d’une formation initiale, ceux qui attendent la formation continue, ceux qui enseignent les matières autres que celles pour lesquelles ils avaient été formés.

Il est pourtant curieux que le besoin de la fàd se fasse sentir par les techniciens et les praticiens qui affrontent au quotidien des problèmes réels de locaux, de structures, de massification de l’éducation et que les décideurs restent sourds à ces appels. Il va être temps que les bailleurs de fond procèdent à l’évaluation des sommes qu’ils injectent pour l’accroissement des structures éducatives. Ils éviteront ainsi d’être accusés de complicité de toutes sortes.

Les rencontres comme celles de Dakar ont vécu. Et on les renouvelle. On ne sait plus pourquoi. Les recommandations croupissent dans les tiroirs, les enseignants sont insuffisant, la population scolaire augmente, les salles de classe aussi, le livre scolaire fait défaut, les Tic apparaissent. Et les réunions continuent. Sans suite.


Mots-clés: Alphabétisation Tous Tenue

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