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Atelier de Cotonou : éclatant succès en forum !

Par Louis-Martin Essono , le 06 août 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

A l’occasion de l’atelier de Cotonou "Nouvelles évolutions dans les technologies de la formation" qui s’est tenu du 17 au 28 juin 2002, sous l’égide du Centre international de formation de l’Organisation Internationale du Travail, le rassemblement de personnalités, de chercheurs et de fonctionnaires africains a conduit l’équipe de Thot à organiser un forum de discussion sur le thème : Projeter la production de médias et d’environnements formatifs pendant l’atelier.

Depuis le début des forums de discussion organisés par Thot, il est significatif que celui-ci ait atteint les records les plus forts : 60 interventions en une semaine ! Il faut se réjouir de cette performance qui montre l’intérêt des usagers de l’Internet en Afrique et de la pertinence des échanges à distance.

L’animateur, M. Claude Martin, avait d’abord initié des travaux pratiques et des compte-rendus d’exposés des stagiaires. On a ensuite pensé que les participants s’exerçaient à la manipulation de l’ordinateur en ligne. Heureusement, on s’est aperçu que de sérieuses questions sous-tendaient la réflexion des stagiaires de Cotonou. Les Fonctionnaires tchadiens, le personnel médical, les enseignants, les formateurs ont soulevé les problématiques transversales de l’utilisation et de la fonction de l’Internet dans leur cadre de vie professionnelle. Traiter des dossiers administratifs ou de la télémédecine, insuffler la formation à distance, préserver notre culture, voilà quelques thèmes qui ont provoqué une première série de joutes oratoires au cours desquelles l’esprit de la discussion ferme et courtoise, dense et tolérante a permi de comprendre quelles étaient les motivations de l’Afrique profonde dans son usage de l’Internet.

Une deuxième piste de réflexion a causé le raz-de-marée de réaction en moins de trois jours. La qualité de la formation, les obectifs et les critères de la bonne formation. Innocemment posée, cette question a provoqué une réaction très diversifiée chez les

forumistes

de Cotonou. Une épistémologie de la formation a été esquissée, des points de vue complémentaires entre formateurs stéréotypés et stagiaires préfabriqués a conduit les uns et les autres à tenir compte des offres de formation, du public à former, des moyens de la formation, de l’environnement de formation et aussi du suivi.

Quel dialogue ! quelle communication ! quel échange ! quelle conférence et quel commerce au sens premier de ces termes qui valident la conjecture de l’apprentissage à trois pôles le formateur, le formé et l’objet de formation. L’interaction, hélas trop courte, a permis de voir le souci et la volonté de tous pour le bien commun de l’utilisation rationnelle et conviviale des Tic en Afrique.

Quelle leçon ? Je pense qu’une piste nouvelle de recherche peut naître de cette expérience d’une semaine pour laquelle on félicitera Thot. Par cette inititive, on s’est rendu compte que l’Afrique a sa manière d’utiliser l’Internet. Qui savait que les marabouts font des consultation par e-mail ou carrément en ligne ? Que les Africaines contractent des mariages grâce aux méls ? On sait aussi que les vendeuses de poissons et de macabos écoulent leurs marchandises en utilisant les portables.

Il est utile que de telles pratiques soient étudiées au travers d’une anthropologie des TIC, pour en maximiser l’utilisation chez nous ... comme chez nous. J’ai été très heureux d’animer ce forum et de faire la connaissance de chaque participant.

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