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De l'utilité de la baladodiffusion en enseignement supérieur

Par Alexandre Roberge , le 28 novembre 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2011

Le fait qu'on parle moins aujourd'hui qu'il y a quelques années de la baladodiffusion ne signifie pas que cette pratique soit en perte de vitesse. En mai 2010, sur Thot, Christine Vaufrey présentait un usage poussé de la baladodiffusion par une professeure de Lettres dans un lycée. Néanmoins, on manque encore de données globales sur l'impact de cette technologie sur les apprentissages des élèves et des étudiants.

Des chercheurs de l’Université de Mons en Belgique se sont intéressés au sujet et ont dévoilé en juillet 2010 les résultats d’une analyse qu’ils ont faite dans leur propre établissement.

Différents types d’usage pour les podcasts

Avant de mesurer l'impact de la baladodiffusion audio ou vidéo sur les étudiants, les professeurs se sont penchés sur les diverses façons d’utiliser cette pratique dans un cours. Ils distingué les enregistrements bruts, audio ou vidéo, d’un cours donné par un enseignant des produts retravaillés, qui reprennent sous une forme améliorée (synthèses intégrant graphiques, illustrations, tableaux, etc.) les points essentiels des cours magistraux .

Les chercheurs ont ensuite examiné les modalités d’usage de ces produits, distinguant les utilisations spontanées et optionnelles par les apprenants des utilisations intégrées à une séquence pédagogique prévue dans la planification du cours. Dans ce deuxième cas, les étudiants doivent écouter / visualiser à un moment déterminé le podcast et retenir ses éléments pour une activité d’appropriation du contenu.

Les chercheurs ont alors mené une expérience avec 28 étudiants de la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation. 14 étudiants ont reçu des podcasts intégrés à un scénario pédagogique en plus de leurs cours habituels, et les 14 autres ont seulement suivi le cours, sans podcasts. Les étudiants ont ensuite été testés sur la compréhension des consepts du cours. 

Mieux vaut intégrer la technologie dans le cours… et avoir quelques notions avant

Les résultats sont intéressants. En premier lieu, on constate que les résultats des deux groupes sont plutôt moyens, voire mauvais. Malgré tout, les étudiants qui disposaient des podcasts ont mieux réussi les tests que les autres (51, 07 % de réussite contre 21,02 %). Les chercheurs expliquent cet écart par le fait que les baladodiffusions intégrés au cours présentaient des synthèses plus ciblées sur les concepts à acquérir, alors ques les cours magistraux sont plus globaux et autorisent des digressions. On constate également que les résultats sont meilleurs avec des approches inductives qu'avec des approches déductives. 

Après cette expérimentation, les étudiants ont été invités à répondre à un questionnaire mesurant leur intérêt et leur utilisation de la baladodiffusion. On est surpris d'apprendre que la majorité des étudiants n'ont pas écouté les fichiers sur un lecteur mobile, alors même que c'est précisément la mobilité de l'usage qui est vantée par les défenseurs de ce type de diffusion de contenus.  La grande majorité des étudiants a par ailleurs dit apprécier ce support, mais le nombre est encore plus grand chez ceux qui ont bénéficié des deux modalités d'enseignement, cours + baladodiffusion.

Les chercheurs ont également constaté que le site sur lequel sont déposés les podcasts de l'université avait subu une forte hausse de fréquentation pendant la période des examens. Ce qui laisse penser que ces supports constituent des ressurces fort utiles pour les révisions.

De cette étude, on retiendra que les baladodiffusions doivent être intégrées à une séquence pédagogique, et surtout précédées d'une introduction à la discipline ou au sujet traités. Ainsi, si l’idée d’un cursus uniquement composé de podcasts est mise en doute par les chercheurs, leur utilité dans le cadre d’un cours reste pertinente et devient quasiment incontournable pendant les révisions avant les examens. Les établissements universitaires ont donc tout intérêt à inclure ces outils dans ceux qu'ils mettent à disposition de leurs étudiants.

Des podcasts pour l’apprentissage universitaire, Bruno De Lièvre, Gaëtan Temperman et Elisabeth Dujardin, PDF, 12 p., frantice.net, numéro 1, juillet 2010

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