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Coopération Nord-Sud : La télémédecine sauve des malades sénégalais !

Par Louis-Martin Essono , le 29 juin 2001 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

La Fissa : télémedecine par satellite

La Force d’intervention sanitaire satellitaire autoportée (Fissa) est une organisation humanitaire créée il y a un an pour mettre les technologies satellitaires au service de la santé pour tous. Dans le cadre de l’ Ipm2001 (Internet et pédagogie médicale 2001), les rencontres médicales allant dans ce sens se tiennent en novembre prochain à Nice. Elles évoqueront dans quelle mesure, par le télé-enseignement et la coopération francophone, il sera possible d’intervenir à des milliers de kilomètres pour venir en aide à des confrères, pour partager des expériences dans le domaine et enfin, pour sauver la vie des malades emprisonnés dans des hameaux les plus reculés.

Selon le journal le monde du 26 juin dernier, une association vient d’être mise sur pied, qui cherche à concrétiser de telles idées. Cette organisation, devenue l’opérateur du

Centre national d’études spatiales

(CNES), a pour objectif de mettre gratuitement à

la disposition ses satellites pour ce genre d’opérations.

Le journal annonce qu’une étude pilote de télémédecine humanitaire va être lancée cet automne au Sénégal. Et pour cause. Et les femmes se mêlèrent de médecine et de satellite.

Lors de la récente visite de son mari en France, Mme Wade avait provoqué la signature de deux accords : l’un portant sur la coopération entre la Fissa et son association dénommée

Éducation et Santé

; l’autre qui officialisait le partenariat entre la Fissa et le Cnes.

On sait que de nos jours le satellite assume plusieurs fonctions. Les tentatives de l’utiliser pour la médecine sont récentes. Le CNES opère déjà en Guyane dans le domaine de la téléconsultation. Grâce à quatre stations de télémédecine -- des "valises" ne pesant pas plus de 7 kilos dotées d’un système de liaison par satellite (GSM) et de localisation (GPS)--, d’un ordinateur, d’un appareil photo numérique et de modules médicaux, tels un électrocardiogramme ou un microscope, les populations de la forêt amazonienne peuvent obtenir un diagnostic fourni par un médecin du centre hospitalier de Cayenne.

Application en Afrique francophone : le choix du Sénégal

Selon le journal, le satellite peut aussi contribuer à améliorer effectivement la santé publique dans trois autres domaines. On l’utilise :

  • pour suivre et prévenir l’évolution géographique des épidémies en santé humaine ou animale (fièvres hémorragiques, par exemple)
  • ,
  • pour assister les patients,
  • pour former les professionnels de la santé.

Pour le Dr A. Guëll, responsable des Sciences de la vie au CNES,

La Fissa [nous] permet de valider la technologie dans deux domaines à la fois : l’épidémiologie et la téléconsultation. Et cela intéresse le CNES d’avoir une association représentative des actions de télémédecine humanitaire : nous voulons démontrer que le spatial est au service du citoyen.

Les différents acteurs de cette coopération démontrent que la recherche scientifique n’est pas que militaire. Elle peut aussi aider à guérir les hommes dans des pays où les maladies comme le paludisme et le sida tuent deux personnes toutes les cinq minutes. La Fissa et le Cnes ont circonscrit des zones d’action prioritaires dans le Sénégal pour combattre la mortalité maternelle et infantile, grâce à une médecine de proximité qui emprunte aux techniques des hôpitaux militaires.

Parce qu’il servira aussi à prévoir et à suivre l’évolution du paludisme, le satellite est ainsi capable de porter en Afrique la médecine du futur. On pourra aussi imaginer que si haut perché, ce satellite donne tous types d’informations (agricoles, météorologiques, etc.) et qu’il pourra aussi contribuer à l’éducation, bien que, à ce chapitre, l’expérience ivoirienne avec Olympus, ait lamentablement échoué. L’espoir, cependant, demeure. Que Madagascar et l’Afrique entière bénéficie de ce projet.

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