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Le cafeN de Bruxelles : quoi de mieux qu'un café pour s'initier aux technologies numériques ?

La Belgique a son Café Numérique (CafeN, pour les intimes) situé historiquement à Bruxelles. L'un de ses promoteurs, Edouard Seynaeve, nous raconte l'histoire de ce café.

Par Audrey De Santis , le 11 janvier 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 19 mai 2016

Il est de ces initiatives qui font plaisir et qui incitent à l'investissement, à la participation ou à l'encouragement. En France, nous avons la Cantine, haut lieu parisien (avec désormais plusieurs déclinaisons régionales) d'amoureux du numérique et des technologies, se plaisant à favoriser des événements d'échanges et de discussions sur ces thématiques. La Belgique n'est pas en reste, avec son Café Numérique (CafeN, pour les intimes) situé historiquement à Bruxelles. L'un de ses promoteurs, Edouard Seynaeve (1), nous raconte l'histoire de ce café.

Pouvez-vous nous parler de la naissance du Café Numérique?

Le café a ouvert ses portes le 21 octobre 2009, au Mirano Continental à Bruxelles. Ce choix n'est pas un hasard puisque le projet vient du souhait de stimuler le quartier du Mirano, symbole de la fracture numérique existant en Belgique. D'un bout à l'autre de la chaussée de Louvain (nom de la rue principale du Mirano Continental, NDLR), nous passons des pimpantes institutions européennes à la misère numérique du fond de Saint-Josse-ten-Noode, une des communes les plus pauvres du pays. 

Fervent utilisateur du web, en novembre 2008, je décide de rencontrer en vrai les rédacteurs du blog Bxlblog.be, la fine fleur des gens investis sur la capitale : Mateusz KukulkaZoltan JanosiBaudouin Van Humbeeck, etc.  Avant cela, en octobre de la même année, je participais au second "Drinkin' The Web", un événement convivial et informel autour d'un verre à Louvain-la-Neuve. Je ne connaissais personne et rencontrai de sympathiques entrepreneurs du web. 

Le déclic est venu comment?

C'est grâce à Android ! En janvier 2009, alors que personne ne parle encore vraiment d'Android en Belgique, je propose ce que j'appelai à l'époque une Android Party : j'avais acheté un téléphone sous Android dès son lancement et devait rencontrer Laurent Blaise pour une commande de batteries. Nous nous retrouverons à six autour d'un verre. Dans ma tête, à ce moment, le désir d'organiser quelque chose de récurent est devenu évident.

En juin de la même année, pour le lancement de l'HTC Magic (encore un smartphone) en Belgique, je décide d'organiser l'Android Party II, poussé par Vincent Vandoorne. Il nous trouve un accord pour une happy hour avec un bar et, grâce à une négociation rondement menée avec Belgacom, nous permet d'organiser un concours avec pour gros lot un HTC Magic. 10 jours et 20 000 visites plus tard, avait lieu une soirée avec 100 personnes et une ambiance du feu de Dieu !

Fort de ce succès, je pense déjà à une Android Party III et contacte Christophe Emma Dessouroux. Au début, je pense à réaliser une vidéo promotionnelle de lui avec ses amis "people" mais, après discussion, me rends compte qu'il y a mieux à faire. C'est lors d'une rencontre avec le gérant du Mirano, Paul Sterck – qui cherchait à l'époque à héberger des soirées "geeks", Jacqueline Kuzee, Christophe Dessouroux et Vincent Vandoorne que naît le CafeN.

Comment s'organise et se déroule une soirée au café?

Depuis sa création, nous organisons chaque mercredi le Café Numérique avec l'idée d'initier le plus grand nombre aux nouvelles technologies. Concrètement, nous avons une longue liste de thématiques que nous planifions et assignons à une personne de l'équipe deux mois avant la date du café. Ce "leader" est alors en charge de trouver des invités, faire connaître et organiser la soirée, avec l'aide du reste de l'équipe bien sûr.

Chaque soirée reste unique et son déroulement peut énormément varier d'une semaine sur l'autre : sortie cinéma (Avatar, The Social Network...), soirée Yulbiz entre blogueurs, table ronde sur Hadopi... Les sujets sont vraiment variés : de la sécurité des enfants sur Internet aux solutions mobiles pour le tourisme à Bruxelles.

Attirez-vous du monde? Comment fédérez-vous vos convives?

Chaque soirée est gratuite (sauf les soirée cinéma) et attire entre 30 et 100 personnes, curieuses de discuter comme dans un bar, de façon décontractée autour d'un verre. Dès le début, l'équipe est formée de Mateusz Kukulka, Zoltan Janosi, Vincent Vandoorne, Alexander Koprivnicanec, Jacqueline Kuzee et moi-même, et dès le début nous mettons à jour un blog avec notre agenda, ainsi qu'un compte Twitter et une page Facebook. Là est le principal de notre communauté.

Finalement, quels sont vos projets et vos prochains buts?

La première saison s'est terminée en juin dernier, sur un succès. La communauté prend même la relève durant la période estivale en organisant des apéros numériques, sans thématique précise. La saison 2 démarre sous l'angle du changement et avec un peu de retard (mi-octobre). Paul Sterck a cédé le Mirano et le temps vient de trouver une viabilité financière au CafeN. Certains décident de quitter le navire et seuls Vincent Vandoorne et moi restons en selle.

De façon plus modeste, et dorénavant itinérante, une soirée se monte chaque mercredi avec l'aide de la communauté. Pour 2011, notre but principal est d'organiser plus de Cafés Numériques (2) et qu'à terme, le CafeN devienne autonome et auto-géré. Maintenant, il reste à trouver les bons outils et à motiver les troupes pour y arriver.

Le site du Café Numérique de Bruxelles
Le CafeN sur Twitter
Le CafeN sur Facebook


  1. 1. Edouard Seynaeve est développeur web en Belgique. Après avoir travaillé plus de deux ans à Index Belge, société de télécommunications, il a décidé de créer sa propre entreprise de développement de sites web, wepika.com. Elle aura un an en février.
  2. 2. L'idée du CafeN bruxellois a d'ores et déjà fait des petits, et des Liégeois ont "exportés" le concept hors de la capitale.

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