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Peut-on s’affranchir des standards en formation ?***

Par Denys Lamontagne , le 13 mars 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

«Le développement indépendant et localisé de plates-formes et contenus de formation engendre des coûts que les usages locaux ne suffisent pas à résorber.

Face à ce constat, le mot d’ordre est devenu la mutualisation de contenus. Afin de rendre les projets de valorisation des productions documentaires viables, il est nécessaire d’avoir des standards permettant l’échange des contenus.

Mais les contenus concernés sont numériques, i.e. calculables, c’est-à-dire qu’ils peuvent être transformés automatiquement. Nous proposons de prendre en compte cette particularité dans la réflexion sur les normes et standards.

Sachant que l’utilisation de formats logiques, introduits par l’ingénierie documentaire, permet d’associer à un même contenu divers formats d’exploitation, la production de contenus peut être indépendante des standards, du moment qu’elle fait appel à un format de création logique.

La transformation de ce format vers un format d’exploitation normalisé est réalisée automatiquement lorsqu’il est nécessaire de mutualiser les contenus, comme le projet PISPN l’illustre.

Cette approche permet de bénéficier des avantages d’interopérabilité et du fort potentiel de partage offerts par les standards tout en conservant les spécificités et fonctionnalités locales.»

L’auteur, Erik Gebers du Laboratoire Heudiasyc - CNRS (Heuristique et diagnostic des systèmes complexes) distingue deux types de formats pour les contenus de formation:

  • Format de création

    C’est le format utilisé pour la conception de contenus de formation, utilisé en production. Il réifie la structure logique des contenus (leurs découpages en parties, qui ont des introductions, des chapitres...) et explicite le rôle des ressources documentaires mobilisées (identifie un paragraphe comme une définition, un exemple, un théorème...).

    Il n’est pas conçu pour être lu tel quel mais nécessite un traitement informatique pour lui associer une mise en forme : la publication.

    L’objectif de ce format est d’optimiser la manipulation des contenus.  

  • Format d’exploitation

    C’est un format destiné aux utilisateurs finaux des contenus, lisible sans aucune manipulation supplémentaire. Les formats numériques HTML, PDF ou encore RTF ainsi qu’une impression papier sont des formats d’exploitation.

    L’objectif de ces formats est d’optimiser l’utilisation des contenus.

Donc à la question posée, à savoir si nous pouvons nous affranchir des standards, l’auteur répond à la fois oui et non :

Oui, nous pouvons utiliser un format de création spécifique, répondant à des besoins locaux tout en conservant une ouverture avec l’extérieur par la publication dans des formats d’exploitation communs;

Non, les standards sont indispensables dès que nous abordons les problématiques de partage et de mutualisation des contenus.

Mais il ne faut pas confondre le problème de l’interopérabilité avec celui de la production de contenus, au risque de limiter la créativité par des contraintes liées à l’exploitation des contenus dans un contexte spécifique.

Autrement dit, la fonction crée l’organe (le standard) et non l’inverse; on l’utilise mais on ne s’y limite pas.

Pour accéder au document : Peut-on s’affranchir des standards en formation ? par Erik Gebers - Laboratoire Heudiasyc

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