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Hourtin 2002 : quelles leçons pour la formation à distance en Afrique ?

Par Louis-Martin Essono , le 02 septembre 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 06 février 2017

Au cours d’une réunion-bilan entre les participants africains d’Africanti venus à Hourtin, un sentiment commun a traversé les esprits. L’innovation technologique observée dans chaque stand a donné le frisson. Par la création et l’utilisation futuriste des nouvelles technologies. La visioconférence est devenue banale. La téléconférence aussi. Les gens vous parlent du cartable électronique comme ils vous parleraient d’un cartable ordinaire. L’efficacité des sites éducatifs gouvernementaux français inspirent le respect par le travail des enseignants qui se mettent en réseau pour se faciliter la tâche et le travail des élèves. On s’en rendra compte en parcourant le site Educnet et celui du voisin Cndp . La production des ouvrages et des revues est alléchante. Malgré les conditions difficiles d’abonnement.

Malgré la très forte concurrence des fournisseurs, des éditeurs, un esprit associatif règne entre les acteurs et les opérateurs du Nord. dans tous les secteurs. Les médias qui collaborent avec les enseignants et les formateurs, les éditeurs qui viennent en appui aux journalistes et aux enseignants, les ingénieurs de Télécom qui participent à l’élaboration de nouveaux types de communication pédagogique. Eblouissant et merveilleux.

Intéressé par la formation à distance, j’en étais encore à demander à travers les stands comment faciliter la communication entre les apprenants et les tuteurs. Une série de stands m’a été proposée. Mais, avant tout, me suis-je entendu dire, regardez notre espace qui comporte en même temps une pédagogie rénovée, des échanges et une interactivité spécifique.

J’observe Eduvan sur Edu4 par lequel le tuteur communique à distance en temps réel avec toute la classe ou une partie de la classe. On nous montre comment le tuteur peut transférer et récupérer des sources audiovisuelles et numériques à distance, comment traiter pédagogiquement des images capturées à partir d’un DVD, d’un magnétoscope ou à l’Interne, comment assurer l’accompagnement par la formation, la logithèque et la mutualisation des usages. Là, c’est une classe électronique, un bureau pour 4 élèves, que suit un seul prof, lequel fait faire différents exercices à ses ouailles. Sur une ardoise qui enregistre l’écriture, les dessins et les sons. Le prof vous les "recrache" en cas de besoin.

Avec mes "frères", je m’émerveille devant le tableau électronique. On n’est pas au stade, réagit un des nôtres. Non, ici, on est en classe, le prof et l’élève n’utilisent plus le tableau noir. Ils ignorent l’importance et l’utilité de la craie. C’est, au contraire, un tableau relié à un ordinateur. Le stylo est aussi relié à un ordinateur. Les cours sont dans l’ordinateur. Le prof n’a qu’à appuyer sur un bouton, et apparaît l’explication d’un texte de V. Hugo, avec des surlignages en rouge, vert, jaune ou bleu.

Un enfant qui ne sait pas former des lettres de l’alphabet français gribouille des formes ressemblantes, et hop ! l’ordinateur vous lui fabrique les bonnes lettres. La carte géographique de chaque pays de l’Europe apparaît au moindre clic. On est aussi impressionné par l’esprit de collectivité. L’espace e-téra vous accueille sur une espèce d’interactivité qui vous rend complice de votre apprentissage. Le site de e-téra vous reçoit avec conviavialité. On y admire les activités Internet et communcation appliquées à la "communication satellite", à l’éducation par le biais de Synapse.

Quand on parle de Synapse, il faut comprendre qu’il s’agit d’un réseau public d’éducation ouvert aux établissements primaires, secondaires et supérieurs qui utilisent différentes technologies grâce à des systèmes de haut débit accessible à tout site éducatif. Son ambition vise à favoriser un aménagement équilibré des territoires pour éviter l’inégalité d’accès au savoir et pour garantir l’accès à Internet pour tous les acteurs de l’éducation.

C’est pourquoi l’ensemble des utilisateurs intéressés par la technologie, la recherche, l’enseignement et la culture sont branchés au Renater, la plate-forme multimodale d’interconnexion de réseaux régionaux et internationaux constituant le réseau national et international de l’Education. Ce n’est pas fini, on nous parle de technologies complémentaires comme le WI-FI, quelque chose pour faciliter la connexion entre les établissements.

C’est combien tout çà : oh, c’est pas cher, ici, c’est 6,735 € pour le petit bureau, là-bas, c’est seulement 12.250 € pour l’équipement de la classe, chaque enfant doit avoir son ordinateur performant et capable de recevoir de très hauts débits. Le stylo électronique, boof, on peut le laisser à quelque 300 €. Et vous avez beaucoup de commandes ? Je vais être en rupture de stock...

Et dire qu’en ce début de septembre, la rentrée approche, et mon petit cousin vend des cacahuètes pour s’acheter un cahier de 100 pages. Parce que le cacao de papa n’a pas suffisamment donné d’argent. Et que seul le cartable en toile coûte 30 €. J’oubliais la liste de 20 livres qui doivent aller dans le sac. La craie qu’il faut acheter pour le maître.

De la distance entre le Nord et le Sud. On est venu. On a vu. On est rentrés. Ebahis. Ou atterrés de notre lointain futur.

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