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Cameroun : Aden connecte un village reculé du monde

Par Louis-Martin Essono , le 07 août 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Le cérémonial était impessionnant. L’Ambassadeur de France au Cameroun, accompagné du Gouverneur de la Province camerounaise du centre et leurs délégations respectives avaient fait, en ce début de saison sèche très fraîche, une entrée remarquable par un long convoi qui se déroulait sur la place de la Mairie de Bot-Makak.

Le 15 juin dernier, en effet, la localité de Bot-Makak, commune rurale de 2000 âmes, devait se connecter au réseau grâce à l’action française pilotée par le projet Aden dont les activités commencent à encercler près de 15 pays de l’Afrique.

A Bot-Makak, il n’y a pas de téléphone. L’eau courante est invisible. le courant électrique est le seul signe de développement. La route est à peu près pratiquable. Et pourtant, l’Education nationale y entretient des écoles, des Collèges d’Enseignement Général -publics et privés- et un lycée. D’après les petits du villages, ils n’ont jamais entendu parler d’Internet que pour les jeunes filles qui se marient à la machine en écrivant des lettres. Mais ils ignorent ce que l’on appelle un e-mail.

Cependant, l’élite du village, qui exerce à Yaoundé, c’est-à-dire à 150 km, essaie "d’apporter le développement". Mieux encore, dans leurs discours, les villageois, parlant à peine le français, ont avoué qu’ils voyaient pour la première fois de leur vie un représentant de la France qui leur apportait les outils qui mènent au ciel. Les lettres aux enfants vivant à l’étranger ou à Yaoundé avec peu d’argent, le partenariat avec les hommes d’affaires, les demandes d’aide pour le développement, la recherche des bourses scolaires, voilà les bienfaits de l’Internet en plein coeur de la forêt.

Pour assurer le fonctionnement de ce nouveau centre, le projet ADEN a financé l’équipement informatique, l’installation des équipements VSAT, les frais de connexion et de maintenance pour la première année. Le coût de la mise en place du centre ADEN a été estimé pour la partie française à 25 000 euros.

Le véritable enjeu est certes l’installation de ces nouveaux équipements devant servir à des personnes vivant à des kilomètres à la ronde. Mais, le problème de la rentabilisation risque de se poser. Ces personnes seront-elles conscientes que ce centre ne peut fonctionner que si elles s’en servent en contribuant, mais modestement, à la marche de ce projet ? Le danger est de croire, en fonction de nos mentalités, qu’il faut tout recevoir sans fournir aucun effort... Heureusement, les animateurs ont reçu une formation adéquate et continuent de se perfectionner pour qu’ailleurs, Aden ouvre un autre centre.

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