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Apprendre et enseigner, version 3.0

En 10 ans, les systèmes éducatifs ont du intégrer les nouvelles technologies. Alors que certains peinent à se familiariser avec les Tice d'aujourd'hui, d'autres ont déjà la tête tournée vers l’avenir..

Par Alexandre Roberge , le 01 mai 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 01 juin 2011

Affirmer que la technologie évolue à un rythme rapide est un lieu commun. Métaphoriquement, on pourrait dire que la société au complet s’est retrouvée dans un train à grande vitesse où chaque jour qui passe rend les technologies d’hier quasi obsolètes. Cette prompte poussée des avancées en communication et en partage d’informations a obligé tous les acteurs en éducation dans le monde à se mettre à la page. Il n’y a pas si longtemps, en 2005, le chercheur canadien Stephen Downes rédigeait un manifeste dans lequel il annonçait que l’e-learning (et du même coup, l’enseignement magistral) allait prendre le virage 2.0 qui inclurait de la baladodiffusion, des interactions rapides entre professeurs et apprenants, des plateformes informatiques facilitant le travail collaboratif, etc.

Alors que les initiatives pour rattraper le mouvement surgissent un peu partout, certains éducateurs ont déjà le nez collé à la vitre du convoi, cherchant à distinguer à l'avance ce que nous réserve l’avenir des technologies et conséquemment de nos manières d’enseigner et d’apprendre.

Le Web sémantique à notre service

Encore troublés par l’intrigante deuxième version d’Internet? Hé bien, ce n’est pas pour être rabat-joie, mais vous êtes déjà en retard. Cet article du journal Forum de l’Université de Montréal en fait le constat : mieux vaut se préparer car le Web 3.0 s’en vient et il sera plus performant et efficace que celui dont nous usons aujourd'hui.

Soyons bons princes et rappelons brièvement les particularités des deux premières moutures d’Internet :

  • Version 1.0 : c’est Internet à son apparition, le code HTML qui a permis à nombre de connaisseurs en informatique de concevoir des pages personnelles et qui a aussi apporté les premiers outils numériques de dialogue (courriel, clavardage, messagerie instantanée, forums)
  • Version 2.0 : C’est l’ère du réseau social, de la communication partout et n’importe quand, de la géolocalisation et du partage (vidéo, image, texte, etc.). Il y a une migration de l’usage de ces technologies de l’ordinateur personnel au téléphone.

La troisième version, le Web 3.0, se tournera d’ailleurs énormément, selon des experts, vers les appareils mobiles qui permettront une ubiquité sans précédent. Le Web sera un précieux auxiliaire du futur apprenant. Il pourra s'instruire à tous les coins de rue et collaborer encore plus qu’avant par le biais de sites ou d’applications mobiles, se connectant avec des milliers d’utilisateurs. Le Web deviendra "sémantique", c'est à dire qu'il intègrera des méta-données permettant de préciser bien plus qu'aujourd'hui les contenus des pages. À ce propos, Steve Wheeler se demandait en avril 2009 si Twitter n’était pas déjà un exemple de Web sémantique, carnon seulement les utiisateurs communiquent, mais ils relaient aussi de l'information et la qualifie à l'aide des hashtags (#).

Mais ce n’est pas tout. Cette troisième évolution d’Internet sera celle qui permettra de mieux gérer et de localiser les informations. Par exemple, les moteurs de recherche exigent l’usage de mots-clés très précis. Si l’on ne fait que taper "Paris", on se retrouve avec un milliard de références! Et là-dessus, combien y a-t-il de doublons, de liens brisés... voire même d'informations inadéquates dues aux homonymes, mélangeant par exemple les données sur la Ville lumière aux dernières frasques de l’héritière des Hilton… Le Web sémantique sera capable de traiter toutes les informations, les hiérarchiser et les regrouper pour que l’utilisateur trouve rapidement ce qu’il cherche.

Qui plus est avec l’intégration de la technologie tactile, du 3D et de la réalité augmentée, l’apprentissage pourra se faire véritablement partout : musées, parcs, jardins zoologiques, bibliothèques, centres culturels, quartiers d’une ville, etc. Des possibilités infinies de s'informer et de se cultiver où que l’on soit sur notre planète (voir l’exemple actuel du musée de Londres).

Évidemment, comme le souligne cet article du blogue Learning 3.0, ces évolutions posent d'importantes questions quant à la valeur des apprentissages qu'elles autoriseront. Par exemple, les apprenants auront-ils la capacité d'assimiler autant d'informations affichées sur un écran ? L'abondance de contenus publiés par des institutions diverses ne va t-elle pas engendrer une diminution des investissements dans les établissements scolaires ou dans la création de formation ? Comment vérifier la fiabilité des informations ainsi diffusées ? On connait déjà tous les débats entourant Wikipédia… La seule véritable inquiétude de l’auteur de ce blogue est que cette ubiquité et ce volume de connaissances mènent à des apprentissages plus superficiels. C’est d’ailleurs là, à son avis, que les professionnels de l’éducation seront utiles pour guider, consolider et approfondir l’acquisition de savoirs.

Et, qui sait, peut-être userons-nous d’avatars d’enseignants comme on peut le voir dans ces expérimentations qui se déroulent aux États-Unis où les enfants peuvent poser des questions à un Benjamin Franklin virtuel qui leur répond. Ces avatars dotés d’intelligence artificielle pourraient aide à franchir, d'après Intellitar la compagnie derrière ce projet, un pas de plus dans l’interactivité scolaire. Par exemple, dans un exercice enligne, l'avatar du professeur ferait des commentaires et des corrections par rapport aux réponses des élèves! Mais que les enseignants se rassurent car selon le président de l'entreprise, le temps est encore loin où la machine et ces programmes prendront leur place.

Le futur réserve de beaux défis aux enseignants. Si la technologie leur ôte quelques tâches, leur présence sera essentielle pour que les usages des outils numériques ne restent pas superficiels et vides de sens. Car même si le Web et des avatars acquièrent une certaine intelligence, ce sont encore les professeurs et tuteurs qui sont l’âme de l’apprentissage.

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