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Ghana : l’enseignement à distance, une si longue et si belle histoire

Par Louis-Martin Essono , le 10 septembre 2006 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Ils sont nombreux, très nombreux, les responsables politiques, religieux, sociaux, éparpillés dans toute l’Afrique, occidentale, centrale ou australe qui, par la formation à distance, simples «correspondence courses», ont fait leurs armes, pour être aujourd’hui, les pionniers et les acteurs majeurs de leurs pays respectifs.

Il y a de quoi. La fàd a pris pied à l’ancienne Côte de l’or il y a près d’un demi siècle. À en croire Aggor et al (1992), les ouvriers, les agents désireux d’améliorer leurs conditions sociales ont pris langue avec ce mode d’enseignement que les Anglais et les américains avaient introduit dans le pays par le biais de la Wosley Hall, du Rapid Results College ou l’International School des États-Unis. La floraison et la renommée de ces établissements ont longtemps conquis l’Afrique et sont devenues quasi mythiques au Ghana jusque vers les années de crise, qui ont décimé toute velléité d’apprentissage et sapant les bases de l’éducation au Ghana.

En effet, le summum de la fàd ghanéenne est atteint dans les années 70, puisque l’Université du Ghana, qui dispense ces enseignements par le programme IAE, compte 5938 inscrits, chiffre réduit à 12 fois moins en 1986 à cause de la cherté du matériel didactique. Les initiatives du Modular Teacher Training Programme (MTTP) pour la relève qui ont réussi la formation académique et professionnelle de 7537 enseignants non qualifiés sont aussi abandonnées, faute de moyens. Comme dans tous les pays de l’Afrique, l’offre toujours croissante au niveau des universitaires s’avère de plus en plus précaire, vu l’obsolescence des infrastructures incapables d’absorber, en présentiel, la demande de plus en plus forte.

Confrontés aux coûts élevés, de nombreux étudiants, de classe moyenne, ne peuvent s’inscrire dans les universités, simultanément, près de 15.000 enseignants abandonnent annuellement les salles de classe pour leurs études alors qu’on n’en forme que 10.000 créant ainsi un déficit de 5.000 enseignants. L’État, par le Ministère de l’Éducation, y pourvoit cependant en finançant des études pour ressusciter la formation à distance.

L’Unesco et le Commonwealth of Learning y sont fortement associés et suggèrent l’introduction de la fàd dans les universités d’Etat que sont l’Université de Cape Coast, l’University for Development Studies , Kwame Nkrumah University of Science and Technology, The University College of Education et l’ University of Education de Winneba.

La concrétisation de ces actions survient en 1997 avec l’inauguration à Winneba de la Ghadea, la Ghanaian Distance Education Association, une année après l’instauration, en 1996, du Conseil national de l’enseignement à distance.

En 1995, le Gouvernement impose sans succès la fàd dans toutes les universités. Pourtant, le pays déroule une collier d’institutions universitaires de formation à distance comme

Les problèmes du Ghana se focalisent, comme ailleurs, sur la mise en ligne des cours et sur les équipements qui exigent cependant une réflexion antérieure. Une éducation numérique des apprenants et de vulgarisation des Tic sont des préalables pour rendre le système efficace. L’importance de la fàd est également méconnue du grand public en dépit des résultats déjà obtenus. Le renforcement de l’expertise s’avère cruciale, sans oublier, bien sûr, le problème des infrastructures. Problèmes que connaît l’Afrique entière. Le plus beau de cette parturition est l’implication réelle et visible de l’Etat qui prend ouvertement ses responsabilités et l’appel bien orienté des partenaires qui l’aident à la construction d’un enseignement à distance utile. Le chemin du succès passe par là.

Merci à Ahiatrogah et Brew (Cape Coast), Mabengba et A. Asabere-Ameyaw (Winneba) et S. Adu (Teacher Education Division) qui m’ont transmis toutes ces informations sur l’EAD au Ghana.

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