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L'école virtuelle pour augmenter la durée de l'apprentissage

Par Alexandre Roberge , le 09 juin 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 11 juin 2009

 Quand on parle d'école virtuelle, on a l'impression de parler d'un roman de science-fiction. Les yeux s'agrandissent : "Quoi ? Des jeunes qui ne sont pas en classe et qui apprennent sur leur ordinateur ?" Et pourtant, cette réalité grandissante est de plus en plus populaire. Récemment, une étude américaine du Center for American Progress s'est intéressée à l'expérience en Floride d'une école virtuelle. Après lecture, on se rend compte que l'étude fait un plaidoyer très fort de l'école virtuelle comme un bon moyen d'augmenter les heures de classe sans garder les étudiants en classe.

Tout d'abord, il faut expliquer que le président américain Barack Obama souhaite fortement qu'à l'échelle nationale, les heures de classe soient allongées pour que les élèves assimilent davantage de matières, et se rapprochent ainsi des autres nations. De nombreux spécialistes de l'éducation proposent en effet une augmentation des heures de classe aux États-Unis. Pourquoi pas ? A ceci près que l'augmentation des heures de classe implique une réorganisation assez complexe de l'horaire, du système de transport, etc.

C'est pourquoi le Center for American Progress s'est intéressé à une initiative prise en Floride. Dans cet état, certaines écoles ont augmenté le nombre d'heures de classe grâce à la FVS, la Florida Virtual School (École virtuelle de Floride). En effet, après les cours en classes, les élèves se dirigent au laboratoire informatique où ils suivent les cours de cette école virtuelle.

En réalité, l'utilisation d'enseignements en ligne et d'écoles virtuelles a énormément augmenté au pays de l'Oncle Sam. De 2001 à 2007, on est passé de 200 000 étudiants à presque 2 millions d'inscrits à des cours en ligne. Et le mouvement ne devrait pas s'arrêter de sitôt. Au point que certains États (Géorgie, Wisconsin) obligent maintenant les professeurs en formation à suivre un cours d'enseignement en ligne. 

Pour le Center for American Progress, il faut poursuivre dans cette voie. Tout d'abord, à cause des avantages déjà connus de la formation en ligne: flexibilité de l'horaire, choix de cours, interactivité qui suscite la motivation, etc.

Mais c'est également là un moyen très pratique d'allonger les heures de classe et d'augmenter la qualité de l'éducation (l'étude révélant que 56% des professeurs à distance américains ont un diplôme d'études au moins égal au Master, contre 48% des professeurs américains en général). De plus, l'école virtuelle autorise l'usage de techniques originales d'éducation qu'il serait impensable d'implanter en classe. Par exemple, à la FVS, les étudiants ont droit à un cours d'histoire sous forme de jeu vidéo. Dans "Conspiracy Code", ils doivent démasquer un individu qui sabote les monuments et documents historiques des États-Unis dans un univers 3D interactif. Au cours de leur périple, ils devront faire des devoirs qu'ils enverront à leur professeur à distance avec qui ils pourront aussi discuter via un forum, entre autres (pour vous donner une idée du jeu, vous pouvez visionner cette vidéo démontrant ses fonctionnalités). 

Là où le document apporte un argument massue pour convaincre de l'utilité des écoles virtuelles, c'est sur le coût. Ah oui, de nos jours, tout est une question d'argent ! En conséquence, les chiffres avancés par le Center for American Progress motiveront probablement beaucoup d'États américains et d'administrateurs scolaires pour emboîter le pas des écoles virtuelles. En effet, même si on se dit que développer un réseau, des cours en ligne et des jeux sérieux comme "Conspiracy Code" coûte cher, au bout du compte, le coût par élève s'avère moins iportant que dans la formation en présence. Jugez plutôt : selon une étude réaisée en 2008 dans 14 écoles virtuelles américaines, le coût moyen d'investissement par élève était d'environ 4310 dollars américains... contre un coût moyen par élève dans l'espace public, en 2006, estimé à 9138$. Une réduction considérable ! 

Et qu'en est-il de l'enseignement hybride (blanded learning) ? L'étude en parle peu, mais semble aussi favorable à son implantation et met en avant ses avantages.

En lisant les mots du Center for American Progress, il semble que l'école virtuelle soit une piste intéressante pour augmenter les heures en classe sans diminuer le rendement et la motivation des élèves. D'autres pays, également confrontés à la nécessité d'accroître l'offre d'enseignement sans augmenter outre mesure les budgets, porraient eux aussi se montrer intéressés. 

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