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Twitter : un réseau formateur ?

Par Alexandre Roberge , le 27 avril 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 28 avril 2009

Le "gazouillage" est dans l'air du temps. Non, il ne s'agit pas d'un article sur l'ornithologie, mais bien sur le site de réseautage le plus populaire de l'heure: Twitter (qui provient de "to tweet" = gazouiller). Ce site de microblogging atteint des succès incroyables: au mois de mars dernier, le site augmentait son nombre de visiteurs uniques de 95 % (de 9,8 millions à 19,1 millions visites uniques). On prévoit que d'ici juillet prochain, il pourrait atteindre la barre des 50 millions d'utilisateurs. Bref, le site de "microblogging" représenté par un oiseau bleu est de plus en plus populaire.

Mais qu'est-ce que Twitter et surtout, qu'est-ce que le "microblogging" ?

Les utilisateurs d'Internet savent ce que c'est qu'un blogue : un site où s'affichent dans l'ordre chronologique des billets d'opinions ou de partage d'informations qu'il est possible de commenter et de discuter. L'auteur du blog a toute latitude pour définir la longueur de ses billets. Or, le "microblogging" de Twitter est une forme plus rigide de communication: les messages doivent comprendre 140 caractères au maximum. Essayez, vous verrez que la limite est très vite atteinte... Mais le but de ce type de message n'est pas de développer des argumentations sophistiquées.  C'est plutôt de fournir une réaction "à chaud" à un événement, de faire des liens vers des ressurces, d'échanger sur une vaste plateforme accessible à des millions d'utilisateurs qui se suivent les uns les autres. La fonction "suivre" de Twitter est en effet essentielle à son fonctionnement : en "suivant" les usagers de votre choix, vous voyez toutes leurs interventions s'enchevêtrer sur votre page d'accueil, où des conversations à voix multiples se forment.

Les arguments dénigrant ce genre de conversations ne manquent pas : messages trop brefs pour être intéressants, pagaille dans l'enchevêtrement des messages, renforcement du culte de la popularité (l'avantage est toujours à celui qui "twitte" le plus souvent)... Pourtant, depuis quelques temps, certains se demandent si la conversation n'aurait pas quitté la blogosphère (l'univers des blogues) pour migrer sur des réseaux comme Twitter. On sait déjà que, pour les jeunes générations en particulier, le fait de converser est, en lui-même, plus important que le cntenu des conversations. l'important, c'est le lien. D'où l'usage massif de la messagerie instantanée, puis des blogues, puis des réseaux sociaux du genre Facebook, et aujourd'hui de Twitter. Les outils s'accumulent, se superposent, s'éliminent les uns les autres... Mais l'importance du lien est sans cesse réaffirmée.

Twitter: un réseau de conscience politique et sur l'actualité ?

On pourrait avancer que l'inscription dans un vaste réseau d'amis ou de contacts n'est qu'une "distraction" de plus dans l'univers surchargé technologiquement que nous connaissons. Mais Twitter n'est-il que cela ? Certaines études tendent à démontrer le contraire. 

La campagne présidentielle américaine de 2008 a provoqué une forte croissance de l'utilisation de Twitter, comme espace de confrontation des opinions. On reconnaît que plusieurs expériences de Twitter ont permis un certain enrichissement citoyen en termes de politique. Que ce soit lors des débats liés à la vice-présidence ou lors de l'investiture d'Obama, Twitter (et son concurrent direct Facebook) a permis une discussion franche entre les membres sur la politique.

Par ailleurs, un nombre croissant des membres de Twitter s'inscrivent à des initiatives de réseaux télévisés qui diffusent sur Twitter des compléments d'information à leurs émissions. PLus largement, tout sujet d'intérêt international provoque un afflux de messages sur Twitter, comme on le constate actuellement avec l'aparition du virus de la grippe porcine.

Faut-il voir là une tendance ? Un désir de s'informer sur l'actualité et la politique de manière différente ? Serait-ce alors applicable dans le milieu scolaire ?

Twitter: une utilisation obligatoire à l'école ?

La question ci-dessus peut sembler un peu ridicule. Si l'on admet volontiers que Twitter permet rapidement (surtout que l'outil est souvent utilisé à partir de portables et téléphones cellulaires) de commenter et s'intéresser à la politique et l'actualité, on ne voit pas pourquoi son utilisation devrait devenir un enseignement obligatoire. Et pourtant, à la fin du mois de mars dernier, le quotidien britannique The Guardian a eu accès à une fuite du département de l'enfance, la famille et de l'éducation britannique dans laquelle on déclare que le curriculum des écoles primaires de l'Angleterre comprendrait une part où l'on devrait apprendre à utiliser Twitter et même Wikipédia ! 

Ce nouveau curriculum, qui a causé un véritable choc (puisqu'il comprend aussi de nombreux changements en ce qui a trait à l'éducation de l'histoire et une liberté plus grande des professeurs en ce qui a trait à la matière enseignée), explique que les jeunes du primaire doivent apprendre à utiliser le blogging, les techniques de podcasting et l'utilisation de Twitter et de Wikipédia comme sources d'information. Que les jeunes se doivent acquérir de l'aisance dans l'écriture (au clavier et à la main), qu'ils doivent apprendre à user d'un correcteur orthographique également.

On peut se demander s'il est sérieux d'intégrer Twitter à un cursus scolaire. Pourtant, dans la lignée du B2i (Brevet informatique et Internet) généralisé en France, il y a une volonté d'apprendre aux jeunes générations à utiliser les moyens de communication actuels. Si Twitter n'est pas un feu de paille et apparaît comme un moyen de communication durable, n'est-il pas logique qu'il fasse partie du cursus scolaire ? Après tout, on donne déjà des conseils pour faire du marketing sur le réseau social.  Même s'il s'agit de communiquer en très peu de mots...

Néanmoins, de plus en plus d'éducateurs s'intéressent à l'intégration de Twitter en classe. Certains ont déjà réalisé des expérimentations, comme le montre ce diaporama sur 19 façons d'utiliser Twitter en histoire-géographie et éducation civique. D'autres proposent qu'on se penche sur la question comme le professeur François Guité le fait sur son blogue en proposant un document qu'il a lu et qui s'avère fort intéressant (en anglais seulement), un document qui se demande comment intégrer le "microblogging" en classe.

Une chose est certaine : Twitter fait parler de lui, et les éducateurs ne sont pas les derniers à s'y intéresser.  Vous-mêmes, si vous utilisez Twitter avec des étudiants en présence ou à distance, n'hésitez pas à commenter cet article en faisant part de vos réflexions !

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