Articles

Vocalisation des textes numériques : comment s'y prendre ?*

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 24 janvier 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 30 mai 2011

Ces dernières années, la vocalisation des contenus numériques a pris de l'essor et est en passe de devenir une mode en e-learning au même titre que la baladodiffusion qui en est son pendant mobile. Généralement, les contenus numériques vocalisés sont proposés en complément des textes bruts dans le cadre d'une multimodalisation de la formation à laquelle il est prêté la vertu de motiver les apprenants et d'être une alternative intéressante pour les personnes mobiles et celles qui souffrent de déficiences visuelles.

A-t-on vraiment besoin de la vocalisation ? Question que se pose Cathy Moore et à laquelle elle répond dans un billet de son blog « Making Change – Ideas for liveling elearning ». S'interroger, dit-elle, sur la nécessité de vocaliser les cours en e-learning revient à se demander s'il est opportun de forcer les apprenants à aller au même rythme.

Car, en écoutant un cours audio, on apprend au rythme du narrateur et non à son propre rythme. Avec ce mode de distribution, il n'st pas non plus facile de sauter certains passages, de ralentir ou de s'attarder sur des points précis du cours, débité en continu à un rythme pré-établi.

Quand vocaliser ?

Pour autant, doit-on tirer un trait sur la vocalisation ? Loin de là ! Elle est souhaitable et même conseillée dans les situations suivantes :

  • un cours de courte durée (pas plus de 5 minutes)
  • un cours comportant des graphiques complexes
  • quand l'objectif poursuivi est d'inspirer les apprenants ou de faire appel à leurs émotions.

Cathy Mooore explique, à la suite de certaines études, que généralement, la vocalisation des textes présents à l'écran est redondante pour l'apprenant et provoque des difficultés d'assimilation. On peut alors oser raconter le cours à l'oral sans fournir une version textuelle. C'est bien la solution choisie dans de nombreuses baladodiffusion, ou même dans des cours en ligne dont le script écrit n'est accessible qu'à la demande, et pas affiché d'emblée.

Pour éviter la vocalisation

Dans un autre billet paru sur le même blogue intitulé « Should we narrate on-screen text? », Cathy Moore reprend les trois arguments principaux en défaveur la vocalisation :

  1. Augmentation de la charge cognitive requise de l'apprenant lorsque le texte écrit et audio sont jumelés. Il se produit un parasitage de la lecture de l'apprenant avec la lecture du narrateur créant un écho qui interfère avec la capacité de l'apprenant à traiter l'information.
  2. Rythme d'apprentissage imposé par le narrateur
  3. Affaiblissement motivationnel surtout dans l'éducation des adultes où la vocalisation peut être perçue comme une infantilisation.

Comme bonne pratique de conception pédagogique en e-learning, puisqu'il s'agit de l'objectif de son blogue, Cathy Moore propose de :

  • supprimer les graphiques simples dans les cours en ligne
  • découper ces cours en séquences et d'en éliminer les parties superflues
  • vocaliser les graphiques complexes
  • s'abstenir de lire à haute voix, sauf dans le cas d'une adaptation de cours pour des personnes déficientes visuelles.

Elle conclut qu'aucune recherche ne soutient la croyance populaire en faveur des avantages pédagogiques de la multimodalisation. même si la lecture mot à mot d'un texte seul ne produit pas d'effets satisfaisants. Au demeurant, dans l'incertitude sur l'opportunité ou non d'un cours audio, il vaut mieux afficher des textes silencieux à l'écran et compter sur la capacités des apprenants à s'en servir à leur propre ryhtme.

Illustration : cpature d'écran sur le site de Cathy Moore, billet Addicted to Audio ?

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné