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Plus que le matériel, c'est la vision pédagogique qui compte

Par Alexandre Roberge , le 01 mars 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 03 mars 2010

Un peu partout dans le monde, mais plus particulièrement dans le monde anglo-saxon, les programmes dits "1-to-1" (qu'on pourrait traduire par "un ordinateur, un étudiant") font fureur dans les établissements scolaires. Jusqu'à maintenant, les études sur ces projets étaient plutôt enthousiastes, surtout du point de vue technologique.

Mais, au début de l'année 2010, quelques points de vue plus nuancés se sont exprimés. Ceux-ci rappelaient qu'il ne faudrait pas oublier que c'est l'orientation pédagogique qui prime, et non l'unique désir d'être à la page technologiquement.

Un ordinateur, un élève : pour quoi faire ?

Dans une étude parue dans le  Journal of Technology, Learning, and Assessment, deux chercheurs se sont penchés sur l'utilisation de programmes "1-to-1" dans quatre écoles des États-Unis. Les résultats démontrent un engagement des étudiants, une amélioration des compétences et des notes légèrement plus hautes que les classes habituelles, qui ne bénéficient pas de ces programmes.

Cependant, dans un des quatre cas étudiés, l'école avait tellement de difficultés avec l'implantation du programme que dans le dernier semestre, les élèves des groupes "1-to-1" n'utilisaient pas plus la technologie dans leurs études que ceux des groupes réguliers.

Les chercheurs ont alors compris que le succès de tels programmes était directement lié à l'implication du professeur dans le projet et à la manière dont il utilise l'ordinateur en classe.

Dans le même journal est paru un texte au titre explicite : "The End of Techno-Critique: The Naked Truth about 1:1 Laptop Initiatives and Educational Changes". Ici, les auteurs analysent les opinions sur les plans de "1-to-1". Ils en déduisent que de telles initiatives divent être prises dans le cadre de plans consensuels. Ils doivent correspondent à la vision commune de l'enseignement et de l'apprentissage des différents acteurs dans l'école en question, le quartier, la ville, la région ou même le pays. Ce qui, à l'heure actuelle, n'est pas toujours le cas. Bien souvent, on achète des ordinateurs sans avoir de plan d'ensemble et de vision à court, moyen ou long terme.

L'apport de matériel ne sert à rien si les utilisateurs ne sont pas préparés à l'utilisation

La plupart des spécialistes en la matière le diront : il faut une préparation importante avant d'implanter du "1-to-1". Certains établissements ont mis en place une période de préparation d'un an avant le déploiement du programme. Ceci a permis aux enseignants de se familiariser avec les équipements, de préparer leur matériel pédagogique en conséquence et de réfléchir aux différents moyens d'utiliser la technologie dans leurs disciplines. L'article est très clair sur ce point : les enseignants ont besoin de temps pour préparer une utilisation efficace et régulière des outils numériques et informatiques avec leurs élèves.

L'aticle suggère également de faire appel aux étudiants dans cette phase de préparation. En tant qu'utilisateurs finaux et assez bons connaisseurs de certains sujets (usages de la messagerie instantanée, connaissance des sites de vidéo...), ils peuvent proposer, guider certains choix, améliorer ce qui est en place. On propose la mise en place de forums, de sondages ou d'interviews avec eux durant les semestres de cours.

Quant aux administrateurs scolaires qui s'inquiètent des coûts importants générés par de tels programmes, ils peuvent désormais se faire aider pour maîtriser leur budget. Du moins, du côté anglo-saxon. Par exemple, la compagnie CDW-G et l'organisation Educational Collaborators proposent un sondage pour les administrateurs d'écoles ou de districts aux États-Unis. Après y avoir répondu, un membre  d'Educational Collaborators devient partenaire d'un établissement (ou d'un district) et propose des solutions en fonction de ce qui est désiré au niveau pédagogique, au niveau du budget, etc.

Un ordinateur portable, un étudiant... Une idée ambitieuse qui change inévitablement la manière d'enseigner. Pour le pire si on se laisse emporter par la technologie en oubliant ce que l'on veut transmettre, mais pour le meilleur quand on parvient à planifier correctement un tel projet.

"One-to-one computing programs only as effective as their teachers", article du eSchool News sur le sujet.

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