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Revoir la notion de temps d'apprentissage

Par Alexandre Roberge , le 26 septembre 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 15 juin 2012

Le temps est une obsession en éducation, particulièrement chez les enseignants. Il faut se soumettre à un horaire hebdomadaire et traiter tout le programme avant la fin de l'année. Une course contre la montre qui peut facilement donner le vertige.

Gaël Plantin dans son blogue "M'sieur, S.V.P." donne un bon exemple des questionnements incessants que peuvent avoir les professeurs sur la gestion du temps : Exploiter de longues activités ou de courts exercices ? Quand soumettre les évaluations ? Les rubans pédagogiques (ou maquettes pédagogiques) sont bien là pour aider, mais tant d'imprévus peuvent faire déraper cette planification rigoureuse.

Mais tentons de prendre un peu de hauteur et de définir le temps d'apprendre au-delà de l'horaire scolaire.

Passer du "temps d'apprendre" à "j'apprends tout le temps"

Le Chapelier fou du Alice au pays des merveilles s'écriait lors de son "non-anniversaire" : "Le temps ! Le temps ! Qu'est-ce que le temps ?" Il s'agit là d'une question que l'on peut se poser en termes pédagogiques : qu'est-ce que le temps d'apprentissage désormais ?

Bien des années se sont écoulées depuis l'époque où nous concevions l'emploi du temps "moderne" des écoles, comme nous le rappelle François Muller dans ce fort intéressant texte publié sur son blogue Chroniques parisiennes en innovation et formation. Il serait de moins en moins productif pour un enseignant de s'enfermer dans le carcan de l'horaire scolaire traditionnel. La souplesse, pour Muller, est davantage gage de succès que son contraire. Car le monde a changé. La différence entre plages d'études et de loisirs s'amenuise avec Internet, entre autres. En effet, même en surfant distraitement sur la Toile, les élèves tombent sur des sites contenant de l'information ou des jeux ayant une part éducative (serious games). L'apprentissage se moque des heures de cours.

C'est d'ailleurs ce qu'aborde Skolanet dans son blogue où l'on parle de "l'éducation du futur": l'atomic learning. Pour comprendre le concept, il suffit de voir ce petit schéma conçu par Skolanet :

Les deux principaux types d'enseignement (magistral et à distance) ont développé un hybride appelé "blended learning". Or, dans l'atomic learning on apprend non seulement à distance et en classe, mais aussi à la maison, dans les moyens de transport, chez les amis, etc. Bref, partout et n'importe quand !

On retrouve cette idée en visionnant ce diaporama de Jacques Folon "Vos étudiants sont digital natives et vous ?". Cette idéologie n'est pourtant pas neuve. Nous en parlons à Thot/Cursus depuis longtemps et bien d'autres sites francophones ou anglophones sur la pédagogie le font également. Or, depuis un certain temps, elle résonne de plus en plus dans le corps enseignants. Les enseignants perçoivent de mieux en mieux comment des outils comme le "mobile learning" et des plateformes accessibles partout comme Twitter ou Google Docs leur permettent une extension informelle du temps d'apprentissage.

"Peut-être faut-il aujourd’hui abandonner l’idée selon laquelle « J'apprends quand on m'oblige à le faire » pour laisser place à « J’apprends tout le temps »." Voilà une des conclusions à laquelle arrive le Skola-Blog dans sa proposition de l'atomic learning. Cette forme d'apprentissage plus autonome serait davantage en lien avec les utilisations modernes des TIC. Reste à voir si cette vision s'appliquera dans les milieux de l'éducation. Chose certaine, elle incite à revoir franchement la notion de temps d'apprentissage.

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