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L'information à distance en agriculture, l'exemple du Nigeria

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 15 mars 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 16 mars 2010

A Gbagyi, dans le centre-nord du Nigéria, un projet visant à « autonomiser les femmes par l'utilisation des technologies de l'information et de la communication » a été réalisé par l'association  ARDA (African Radio Drama Association) avec l'appui financier du Fonds de microfinancement pour le Genre, l'Agriculture et le Développement Rural dans la société de l'information (GenARDIS).

L'objectif est de réduire l'inégalité d'accès des femmes aux informations agricoles dans ladite région. En effet, « selon l’analyse initiale du projet, les femmes dépendent largement de leurs maris et de l’église pour obtenir des informations agricoles. Les hommes, eux, peuvent compter sur leurs amis, leurs collègues et la radio. Culturellement, ils ont plus de chances d‘être exposés à de nouvelles idées et de pouvoir s’adapter aux informations, par les interactions formelles ou informelles qu’ils ont lors de réunions entre amis ou dans les lieux de rencontre ».

La mise en œuvre du projet

La mise en œuvre du projet a consisté en la formation d'un « club d'auditrices » d'une radio locale. Une fois par semaine, les membres de ce club se réunissent pour écouter un programme de cette radio. Les auditrices participent activement à la réalisation de ce programme radio en sélectionnant les sujets qu'elles jugent importants, en envoyant des questions par téléphone portable à la radio et en interpellant des experts pour des avis.

En outre, le projet a formé les femmes à l'utilisation des téléphones portables pour rechercher activement des informations, notamment des conseils provenant d’autres agriculteurs, de représentants du gouvernement, des travailleurs du monde agricole, des collègues d’autres marchés et bien sûr de la station de radio.

Que retenir pour la formation à distance ?

En tout état de cause, le projet rapporté ici fournit un exemple de l'usage qui pourrait être fait du téléphone portable en combinaison avec la radio pour démocratiser le savoir et le rendre accessible à un public cible éloigné. Il confirme l'hypothèse de l'alternative que peut représenter le téléphone mobile en matière d'outil de formation à distance dans les pays pauvres, compte tenu du fait que sa pénétration y est relativement plus élevée que celle d'Internet. Et qu'il est d'ailleurs plus accessible financièrement. Sa combinaison à d'autres médias traditionnels, la radio en l'occurrence, dont il est dit qu'il est le plus accessible de tous les médias en Afrique, ouvre de bonnes perspectives.

Néanmoins puisqu'il ne s'agissait pas d'une formation à distance, mais d'un projet d'information agricole mené à distance et s'appuyant sur des technologies, toute généralisation ou extrapolation devra se faire avec prudence. Etant donné aussi qu'on ne dispose pas d'éléments d'appréciation des compétences acquises par les participantes à l'issue du projet et de leur persévérance dans le dispositif, quoique sur ce dernier aspect, le compte-rendu suggère que la motivation était entretenue par l'usage du théâtre, de la musique et de la photo numérique. Nous sommes donc dans le cadre d'un projet "multimédias", ce terme ne se réduisant pas à la désignation des médias numériques, mais aussi des médias habituels qui facilitent l'expression et la communication inter-personnelle. Ce qui là encore est cohérent avec tout projet d'enseignement dit à distance, qui ne peut se réduire à l'interaction homme-machine.


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