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Sénégal : formation à distance de plus de 3000 enseignants

Par Thot , le 04 octobre 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 05 octobre 2010

Le Sénégal, comme tous les pays de la sous région et de l'Afrique en général, connaît une démographie scolaire galopante et doit donc engager de nouveaux professeurs en masse. Tout comme ses voisins, le Sénégal n'est actuellement pas en capacité d'assurer la formation initiale de tous ces jeunes enseignants dans les centres de formation spécialisés. C'est la raison pour laquelle l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l'UCAD, a décidé de passer à la vitesse supérieure en inaugurant, à la fin 2008, un dispositif de formation initiale à distance pour ces enseignants qui, à l'instar de leurs homologues français, ont du cette année affronter les classes sans préparation particulière.

La Faculté des Sciences et Technologies de l’Éducation et de la Formation (Fastef), a donc initié une formation à distance des enseignants qui concerne actuellement quelques 3081 auditeurs allant des enseignants vacataires aux professeurs contractuels ayant le niveau du Baccalauréat, de la Licence et de la Maîtrise.

Selon le site Osiris, ces effectifs importants, comparés aux 1500 candidats en présentiel reçus annuellement à la Fastef, sont rendus possibles du fait que 90% des enseignants en formation bénéficient d’une connexion dans leurs établissements d'attache. Les enseignants/apprenants bénéficient d’un appui tout au long de leur cheminement. Ils se connectent régulièrement à Internet pour accéder à leur plateforme de FAD et bénéficient de tutorat à distance, assuré par les enseignants de la Fastef et des facultés disciplinaires. Le matériel de cours est mis à leur disposition en ligne mais aussi via des CD et des fascicules imprimés. Quelques regroupements présentiels ont été organisés pendant les vacances scolaires dans le courant de l'année.

D'après les enseignants de la Fastef impliqués dans le dispositif, la formation donne des résultats très satisfaisants et plusieurs centaines de participants ont obtenu leur diplôme en juin ou l'obtiendront en octobre. Les autres poursuivront des cursus d'une ou deux années supplémentaires. 

Le Sénégal a avec cette formation trouvé une solution intéressante tant pour les apprenants, qui peuvent exercer leur métier tout en se formant, que pour les établissements scolaires qui n'ont pas à faire remplacer les enseignants en formation. De plus, le lien est étroit entre formation et application, puisque les apprenants ont l'occasion de tester sur-le-champ ce qu'ils viennent d'apprendre.

Il faut souligner l'ampleur du programme dès sa création (2008-2010 constituant la phase pilote), qui fait mentir ceux qui estiment qu'il est nécessaire de commencer avec de petites cohortes d'apprenants pour rôder les dispositifs. Quand nécessité fait loi, au Sénégal comme en Inde, en Chine ou en Afrique du Sud dont nous parlions la semaine passée, les tenants de la FAD montrent de manière éclatante qu'ils peuvent intégrer plusieurs milliers de personnes à la fois. 

Nous présenterons très prochainement dans Thot Cursus une entrevue réalisée avec Ibrahima Cissé, responsable de la formation à distance des enseignants à la Fastef de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Photo : iRob, Fotopedia, licence CC.

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