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Si Einstein avait eu Twitter…

Par Marion Sabourdy , le 19 juin 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 27 septembre 2012

Les labos de recherche n’ont jamais été aussi ouverts qu’avec le web 2.0. Entre deux expériences, des chercheurs publient un billet sur leur blog, envoient des tweets à leurs amis et se connectent à de nombreux réseaux sociaux. Une pratique pas encore généralisée mais qui modifie déjà les pratiques de la recherche scientifique.

Les chercheurs bloguent

« Commentaires sur l'actualité scientifique en cours, vulgarisation des notions complexes des disciplines qu'ils maîtrisent, les scientifiques sont de plus en plus présents sur la Toile » explique Clara Delpas dans un article pour Science Actualités en 2009. Certains « utilisent les blogs pour communiquer sur leurs travaux en cours », comme un carnet de recherches numérique. Le portail Hypothèses en est un exemple dans le domaine des sciences humaines. Le but ? Revenir « à l'un des fondements essentiels de la démarche scientifique », c’est-à-dire échanger des commentaires entre savants. Mais cette fois-ci, les discussions se font en temps réel et rendent donc la recherche « plus immédiate et plus collaborative ». La journaliste avance trois autres exemples de plate-forme de blog :

 

Les chercheurs tweetent

De son côté, le journaliste à l’Agence Science-Presse Pascal Lapointe, évoque en 2009 les « gazouillis » de chercheurs sur Twitter. Là aussi, les échanges d’informations sont au centre de leurs pratiques, même si les 140 caractères ne permettent pas vraiment de « débat décent, sérieux, de haut niveau ». Originalité par rapport au blog : le live-tweet en direct des congrès scientifiques.

Dans le sillon de cette réussite en 2010, un équivalent « scientifique » de Twitter, nommé Sciencefeed (fusionné à Research Gate depuis), a même été lancé. Le site EducPros estime qu’il s’agit d’une « façon de rendre à César ce qui [lui] appartient puisque le web a été développé, à son origine, pour diffuser les résultats de la recherche plus facilement et plus rapidement ».

Les chercheurs « réseautent »

Blog, Twitter… Les chercheurs n’en restent pas là et investissent de nombreux autres réseaux sociaux spécialement créés pour eux. L’objectif pour la majorité d’entre eux : mettre en contact les scientifiques du monde entier, voire mélanger les disciplines pour partager des informations et entreprendre des collaborations inédites. Les exemples abondent : Academia.edu (qui se vante d’accueillir Richard Dawkins, Stephen Hawking ou encore Noam Chomsky), BiomedExperts ou encore Mendeley. L’un d’entre eux, Science Connection, moins sérieux, se présente même comme un site de rencontres amoureuses entre chercheurs, une sorte de « Meetic » de la science.

Parfois, les réseaux mettent en contact des mondes à priori très différent. Ainsi, le 7 mai 2010, la Fondation Pierre Gilles de Gennes a lancé le sien, décrit comme une « communauté virtuelle inédite au service de l'innovation dans la santé ». Selon Chantal Houzelle des Echos, ce réseau a pour ambition de faire le lien entre les mondes industriel et académique pour résoudre des problématiques de Recherche et Développement. Les membres s’associent pour résoudre des problèmes pratiques comme la perte d'adhésion sur un support humide pour les pansements ou la « structure temporelle du son par le système auditif humain » pour de futures prothèses auditives.

Pas le temps, pas envie... les limites du réseautage

Presans, un réseau professionnel apporte un jugement sévère sur ce phénomène : « l’immense majorité [de ces réseaux est vouée] à l’échec ». Pourquoi ? Manque de temps. Les chercheurs « ont à peine le temps de maintenir à jour leur base bibliographique [ou de] garder le contact avec [leurs] proches collaborateurs ». D’autant que les commentaires de blogs ou les tweets ne sont pas pris en compte dans leur évaluation.

Autre raison : l’absence d’incitation. « Les chercheurs ne partagent pas, ne se connectent pas et ne discutent pas de cette manière. Ils publient dans des revues à comité de lecture, ils vont en conférence ». L’article donne néanmoins la « recette pour démarrer un Facebook pour les chercheurs » : le réseau doit notamment résoudre un problème pressant, être ergonomique, ouvert et pré-peuplé. Il termine néanmoins sur une note optimiste en affirmant que les nouvelles générations de scientifiques ont déjà investi ces réseaux.

Souvent plus ouverts à ces outils, les jeunes n’hésitent pas à se former, par exemple au fonctionnement de Wikipédia, grâce à l’association Plume ! Les doctorants suivent une session qui «les implique et les forme à la diffusion de leurs connaissances » et qui a pour but « d’offrir au plus grand nombre une information scientifique gratuite et de qualité ». Au terme de la formation, les jeunes chercheurs sont invités à compléter l’encyclopédie en ligne suivant leurs domaines de compétence.

Et les amateurs de science ?

En plus de ces efforts de vulgarisation, on observe l’apparition de réseaux qui ne sont pas exclusivement réservés aux professionnels. Scientix est ainsi une communauté pour l’enseignement scientifique lancée par la Commission européenne en six langues (anglais, français, allemand, espagnol, italien et polonais). Selon le site TechnoScience, il regroupe des enseignants, chercheurs, décideurs politiques, acteurs locaux, étudiants, parents et toute personne intéressée par l’enseignement des sciences. « Scientix donnera accès à du matériel didactique, à des résultats de recherche et à des documents de fond issus des projets européens d’enseignement scientifique ». Depuis, le site a fait également office de tremplin pour des événements « dans la vraie vie », comme une conférence du 6 au 8 mai 2011.

Et si vous aimez les sciences, les techniques ou l’environnement sans être un chercheur, de nombreux réseaux existent pour échanger autour de votre passion : Hélène Gloux en liste quelques-uns, dont Knowtex dont nous avons déjà parlé. Piochez, vous avez l’embarras du choix !

Crédit photos : DaneelArianthoLuc_legay, FlickR, licence CC.

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