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Twitter à la fac : témoignages anglo-saxons

Par Alexandre Roberge , le 21 juin 2010 | Dernière mise à jour de l'article le 19 janvier 2012

Si Twitter gagne en popularité et en respect dans la population, il est loin d'avoir fait l'unanimité dans les sphères éducatives. Dans un sondage en 2010, plus de la moitié des professeurs de universités américaines avouaient penser que Twitter n'avait aucun avenir en éducation supérieure, qu'il était une perte de temps et qu'il contribuait à une dégradation des compétences écrites des étudiants.

Pourtant, malgré ce jugement sévère, les mêmes répondants ont admis en question ouverte qu'il était évident que Twitter pouvait être un outil incomparable pour:

  • Les projets de collaboration;
  • Les communications entre les différents intervenants scolaires (professeurs, étudiants, parents), dans les réunions, etc.
  • L'apprentissage des langues, en devenant un lieu d'apprentissage informel important,
  • Des usages administratifs : contrôle des présence, mur d'informations; etc.

 

Si ces enseignants semblent balancer entre avantages et inconvénients de Twitter, d'autres ont craqué pour les tweets et les possibilités qu'ils offrent.

Pourquoi Twitter ?

Dans un article intitulé "Embracing the Twitter Classroom", Jessica Gross cite Howard Reingold, professeur de communication de l'université Standford. Développeur de la Social Media Classroom, il donne cinq raisons de s'intéresser aux réseaux sociaux dans un cadre d'apprentissage :

  1. L'écriture et la lecture sont des compétences de plus en plus essentielles dans notre monde (particulièrement sur Internet). Voilà donc une façon de les pratiquer.
  2. La plupart des étudiants apportent leur ordinateur portable en classe. Pourquoi ne pas s'en servir au lieu de les bannir ou simplement de les ignorer ?
  3. Les médias sociaux comme Twitter sont des outils de rapprochement social, comme leur catégorie d'appartenance l'indique. On peut les utiliser pour créer un espace collaboratif entre les étudiants.
  4. Le temps est tellement compté en classe qu'il est difficile d'organiser de longues discussions. Avec les médias sociaux, il est possible d'échanger avec les élèves entre les cours et de susciter chez eux un engagement plus profond.
  5. Les élèves timides n'auront pas le réflexe de lever la main et de proposer leur point de vue ou leurs questions. Les médias sociaux leur donnent alors une voix.

 

Les trois derniers points sont très importants car ils font partie de l'argumentation principale des professeurs de l'enseignement supérieur qui intègrent Twitter. Pour David Parry, un des premiers à avoir utilisé cet outil avec des étudiants, c'est l'aspect communicatif et rassembleur de Twitter qui prime.

D'autres sont surtout séduits par la possibilité de motiver et d'accroître la participation des étudiants. Particulièrement les élèves n'aimant pas trop parler en public mais voulant participer au débat. On constate dans cette vidéo réalisée à l'Université du Texas à Dallas, pendant un cours d'histoire américaine, que Twitter stimule les échanges entre les étudiants et l'enseignante:

Des exemples d'utilisation

Twitter encourage non seulement la discussion et l'implication des élèves, mais il permet aussi d'optimiser l'organisation de ce qui entoure la classe. Par exemple, pour ce professeur, Twitter s'est substitué à trois outils précédemment utilisés :

  • Les listes de discussion pour échanger avec ses étudiants entre les cours;
  • Les annonces par courriel;
  • La boîte en carton dans laquelle l'enseignant récoltait auparavant les travaux écrits de ses étudiants... Ces travaux sont désormais réalisés avec des outils numériques, déposés sur des sites tels que Flickr ou des sites de partage vidéo. Les étudiants signalent sur Twitter le lien vers leur travail, et tout le monde (enseignant come étudiants) peut alors le consulter.

 

Cet autre enseignant raconte que les étudiants profitent de l'utilisation de Twitter pendant le cours magistral pour partager leurs notes, poser des questions et signaler des ressources associées au sujet. Christine Morris - enseignante en Grande-Bretagne - raconte dans ce blog son expérience d'utilisation de Twitter avec ses étudiants dans le cadre d'une recherche. Après quelques tâtonnements, l'utilisation d'un programme spécialisé - ici, TweetDeck - a facilité la rédaction des tweets et les étudiants se sont enthousiasmés pour ce mode de communication.

L'utilisation de Twitter en enseignement supérieur, aux États-Unis et dans le monde anglo-saxon, n'est pas encore généralisée. Néanmoins, on constate un certain enthousiasme technologique et plusieurs cas documentés qui modifieront peut-être le point de vue de ceux qui croient que les tweets ne sont qu'une mode passagère.

 

"6 Examples of Using Twitter in the Classroom", EmergingEdTech, juin 2009

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