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Publié le 04 mai 2010 Mis à jour le 06 février 2012

Le musée imaginaire, des smartphones aux salles de classe

« Qu'avaient vu, jusqu'en 1900, ceux dont les réflexions sur l'art demeurent pour nous révélatrices ou significatives (... ) ? Deux ou trois grands musées, et les photos, gravures ou copies d'une faible partie des chefs-d'œuvre de l'Europe. [...] Aujourd'hui, un étudiant dispose de la reproduction en couleurs de la plupart des œuvres magistrales (...) nous disposons de plus d'œuvres significatives, pour suppléer aux défaillances de notre mémoire, que n'en pourrait contenir le plus grand musée ». Le livre de Malraux, Le Musée imaginaire, date de 1954 mais n’a pas pris une ride.

Aujourd’hui, pour avoir accès à presque toutes les œuvres d’art que l’humanité a produites, on allume son ordinateur. De la grotte de Lascaux à la Tate Britain en passant par les œuvres d’art du Rijksmuseum d’Amsterdam, internet regorge de ressources et de visites virtuelles liées au monde des arts.

Le musée du Louvre propose sur son site un guide pour les plus jeunes, que décrit Yasmine Kasbi sur son blog. Le musée du Quai Branly fait voyager les curieux autour d’un globe, pour visualiser les œuvres en trois dimensions (ex : l'Afrique sur la photo), moyennant le téléchargement et l’installation (rapide et gratuite) d’un plugin.

Un musée dans la poche

Les internautes s’y pressent pour découvrir les collections ou effectuer des visites virtuelles, au point de stimuler en retour la fréquentation des vrais musées. C’est ce qu’explique Rob Gollin dans son article « Les e-musées tissent leur toile ». Mais ce retour vers les pièces authentiques ne se fait pas sans écran… de smartphone cette fois !

L’application Culture clic par exemple, développée par des Français, propose « de découvrir 500 tableaux, photos et gravures géolocalisés en majorité sur Paris, mais aussi sur Bordeaux, Lyon et Marseille ». La réalité augmentée permet de découvrir les lieux où on se promène « tel qu’il[s] étai[en]t plusieurs siècles auparavant : l’ancien Louvre, les premières photos de Notre Dame, la construction du pont Neuf ou de la Tour Eiffel ». Autant de « parcours poétiques et littéraires » permis grâce au catalogue de la Réunion des musées nationaux et aux archives Gallica de la Bibliothèque nationale de France (elle-même active sur son propre site avec ses magnifiques expositions virtuelles).

Pygmalion 2.0.

Voilà pour l’aspect grand public. Du côté des enseignants, internet apporte son lot d’outils pour concocter des « cours 2.0. ». Le numéro 66 daté de juin 2009 des Dossiers de l’ingénierie éducative est d’ailleurs entièrement consacré aux « outils pour l'histoire des arts ». En plus d’une liste de liens très fournie, certains articles du numéro sont accessibles en pdf. Ainsi, celui de Sylvie Anahory évoque une expérience pédagogique lors d’un cours consacré au générique de la série télévisée Desperate Housewives et à ses fameux détournements de tableaux très connus.

Notez que des outils simples et n’ayant apparemment aucun rapport avec l’enseignement de l’histoire de l’art peuvent pourtant apporter une dimension interactive et collaborative au cours. C’est le cas des logiciels de cartographie, comme UMapper (décrit sur notre site) qui propose de télécharger un tableau en lieu et place d’un planisphère, pour naviguer dessus et l’annoter, comme s’il s’agissait d’une « Google map ». Les élèves collaborent et dressent la « carte » de l’œuvre d’art, pour ensuite l’étudier depuis chez eux.

Les académies, comme celle de Strasbourg, proposent des sites, ainsi que des associations comme celle des Professeurs d'Histoire et de Géographie de l'Enseignement Public (APHG). Les professeurs d’histoire sont en effet souvent en première ligne pour évoquer les arts. Pour compenser la rareté des voyages scolaires, ils peuvent présenter quelques hauts lieux de l’histoire, comme la Chapelle Sixtine (en photo ci-contre et décrite sur notre site avec d'autres lieux du Vatican) ou la colonne de Trajan, pour ne parler que de l’Italie.

Histoire, mais aussi géographie, musique, français… L’enseignement de l’histoire de l’art (des arts devrait-on dire) est multidisciplinaire. C’est la raison pour laquelle la France a ouvert un portail interministériel de l’éducation artistique et culturelle qui présente notamment les programmes des enseignements artistiques au primaire et au secondaire et renvoie vers des ressources numériques pour l'histoire des arts au lycée. Avec cette palette, les professeurs sont équipés pour sélectionner sur la Toile les éléments qui inspireront nos artistes en herbe.

Crédits photos : Ministère français de la Culture et de la Communication, Musée du Quai Branly, Musée du Vatican


Mots-clés: Photos Smartphones Art Histoire De L'art Oeuvre Musées Qu' Réflexions

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