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Publié le 17 mai 2010 Mis à jour le 19 avril 2018

Induire l’appartenance

Faire ensemble de grandes choses et vouloir en faire d'autres.

Ce qui crée ou induit le sentiment d’appartenance peut prendre plusieurs aspects, mais on peut en résumer l’essentiel par cette simple citation, le secret du renard au Petit Prince:

«C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.»

Évidement puisque c'est elle qu’il a choisie, abritée, c’est elle dont il a tué les chenilles (sauf deux ou trois pour les papillons). C'est elle qu’il a écouté se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire...

Appliqué au monde en général et par extension à Internet on retrouve le sentiment d’appartenance à son école, à sa famille, à son quartier, à son club, à un site, sa communauté, etc. dans la mesure où on s’est investi sans calculer, sans idée de profit ou d’avantage comptable (que l’on peut compter).  En ce sens, le temps «perdu» par le Petit Prince est un bon qualificatif; il n’a pas compté.

Est-ce qu’utiliser Wikipédia ou Internet développe notre sentiment d'appartenance à Wikipédia ou Internet? Visiblement très peu. Est-ce qu’utiliser Facebook augmente notre sentiment d'appartenance à Facebook ? Pas plus.  Mais s’y connecter et s’occuper de ses amis via Facebook alors là, oui, fait naître une sentiment d'appartenance à notre groupe, qui se construit à la mesure de nos contributions.

L'appartenance comporte un élément non-comptable d’attention, d’écoute, d’affectivité et de pertinence pour l’autre : le soin apporté est le liant qui retient les parties qui s’appartiennent.  Ce peut-être un don, mais un don apprécié et appréciable, bien consenti et bien reçu; «il y a un peu de nous là-dedans».

Induire l’appartenance

En prenant le point de vue d’un immigré, on se rend compte de l’importance de la qualité de l'acceptation officielle, reconnue, dans le développement de l’appartenance : à partir du moment où on accepte la contribution de l’Autre, le sentiment d’appartenance chez l’Autre devient possible.

On obtient donc deux éléments à faire jouer tant en éducation que dans des sites Internet éducatifs pour développer l'appartenance : des occasions valables de contribuer, des occasions réelles de reconnaître les contributions. La reconnaissance est le moteur de la motivation dans l'apprentissage ou au travail. Si on ne fait pas preuve de reconnaissance, on ne peut espérer ni voir ses critiques reçues, ni non plus recevoir les contributions de l'apprenant ou du collaborateur.

Quelqu’un ajoute un commentaire, on a déjà une forme de reconnaissance; si en plus les autres apprécient le commentaire, voilà le commentateur reconnu.

Au niveau d’une classe, d’une école, des parents, de la localité, de la région, on voit le sentiment d’appartenance s’étendre dans des proportions parfois délirantes où des régions entières se rangent derrière un champion, une vedette, un génie issu de leur milieu.  L’exploit, l’oeuvre, le don de valeur de l’un sont reconnus et appréciés par les autres. Voilà que les autres développent un sentiment d’appartenance ! Que dire de leur auteur ou de leur oeuvre.

Apparemment, plus les possibilités de contribuer peuvent être développées en envergure, en variété, en originalité et en nombre, plus le potentiel de reconnaissance et d’appartenance peut s’étendre. On n'accepte pas que les contributions en argent.

Signes de reconnaissance

On peut reconnaître ce qui nous appartient. Le développement de signes de reconnaissance, slogan, chanson thème. bannière, T-shirt, bague, écusson, trophée, etc, fait partie depuis toujours des ingrédients du sentiment d’appartenance... Certains n'en retiennent que ça, mais c'est toujours mieux que rien...

Et les exclus ?

L’éventuelle intégration des exclus dépend autant de leur capacité à contribuer, qu’ils possèdent à différents degrés, que de la capacité de leur milieu à accepter leurs contributions. 

La reconnaissance d’une contribution médiocre sonne faux et il y a une honte à être reconnu faussement. Il reste deux avenues : développer les capacités et créer un milieu ou un contexte capable d’accepter ou de mettre en valeur les contributions.

Les jardins d’enfants et les foyers pour personnes âgées sont des exemples; les palmarès par niveau, la reconnaissance sociale d’efforts remarquables ou des journées spéciales en sont d’autres. 

L’idée étant toujours de pouvoir contribuer, de pouvoir accepter les contributions et de nouvelles formes de contribution. 

Et ces exclus, tant par leur nombre que par le degré de leur solitude, constituent sans doute le meilleur baromètre de notre humanité ou de notre déshumanisation. En éducation, on parle autant des exclus de l’école que des sites Internet qui leur permettraient d’apprendre.

Quelque références sur l’appartenance en action :

«Ce qui constitue une nation, ce n'est pas de parler la même langue, ou d'appartenir à un groupe ethnographique commun, c'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l'avenir.»

[Ernest Renan]


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