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Médiation et réseaux sociaux, le ticket gagnant*

Par Mohamed Ouzahra , le 15 mars 2011

Le rôle de médiateur s’est de nos jours diversifié au point de paraitre galvaudé à nombre d’entre nous. Un article de ce numéro en fait très pertinemment état. Il existe pourtant des pays – le Maroc en est un - où cette fonction fait encore souvent défaut dans l’espace éducatif. Le besoin se fait sentir à de multiples niveaux mais, plus précisément, pour tout ce qui touche à l’orientation, la lutte contre la déscolarisation ou contre l’illettrisme. Autant d’enjeux lourds pour un système scolaire national en mal de performance ! Alors, face à ces défis, les nouvelles technologies de l'information pourraient bien s’avérer très précieuses. À condition d’en maitriser l’usage et de bien définir les objectifs. Voici quelques pistes de réflexion à ce sujet.

Médiation scolaire et travail social

Comme c’est souvent le cas au Maroc, la médiation figure parmi ces pratiques sociales qui ont une longue histoire tout en restant largement méconnues du grand public. Des pratiques informelles voire naturelles, à la manière de la littérature de M. Jourdain. L’État s’est cependant attelé ces dernières années à revisiter la médiation pour lui donner un sens concret et des modalités délimitées à travers des textes, réglementant l’arbitrage notamment.
Des guides très complets, comme celui-ci dédié au domaine juridique, permettent aux citoyens d’en savoir un peu plus sur la face moderne de ces pratiques revisitées. Très vite aussi, la toile a été utilisée, par des associations notamment, pour promouvoir la médiation dans de nombreux domaines de la vie sociale, économique et politique. 

Ceci dit, c’est bien en éducation où le besoin est le plus pressant. Le système marocain a fait l’objet de nombreux audits qui ont révélé plusieurs maux : niveau d’apprentissage bas et très inégal, élèves mal orientés, taux d’abandon scolaire élevé, etc. De plus, la pression démographique – le Maroc est un pays jeune avec un nombre d’élèves à scolariser en constante progression – a pour conséquence des classes surchargées, et donc les conditions d’apparition et de multiplication des frictions. Dans ce contexte, la médiation est autant une action éducative qu’un travail social. La résolution en douceur des conflits est en particulier déterminante pour préserver la motivation des élèves comme celle des enseignants.

Dans le même sens, partant du principe que l’école est l’affaire de tous, le ministère de l’éducation nationale et la société civile se sont investi tous azimuts pour tenter de réconcilier l’élève avec l’institution scolaire. L’objectif étant de remettre sur les rails les élèves en difficulté, réduire les comportements agressifs en classe donc ou encore récupérer ceux qui, pour une raison ou une autre, se sont éloignés du chemin de l’école. Ou sont tentés de le faire.

TIC, médiation et proximité

L’une des premières initiatives pour approcher ces objectifs est de mettre en place des espaces d’écoute et de médiation scolaire. Soit. Mais encore faut-il former les médiateurs à être justement à l’écoute de ces jeunes. Et parce qu’il parait impensable aujourd’hui de vouloir communiquer avec les jeunes sans utiliser les nouvelles technologies de l'information et de la communication , celles-ci devraient occuper une place importante dans cette formation.

Plus encore, cette formation devrait porter en priorité sur le maniement des réseaux sociaux, des forums et autres sites de blogging. L’idée est en définitive aussi bien d’aider à créer des espaces de dialogue sur le web que d’engager ce dialogue-là où s’expriment les jeunes, qu’ils soient scolarisés ou non. Il y a urgence en la matière et la prise de conscience, pour être parfois lente, n’en est pas moins réelle. On en veut pour preuve la place désormais incontournable des forums dans les nouveaux sites de soutien scolaire dont s’enrichit presque chaque jour la blogosphère marocaine. Un exemple parmi d’autres avec ce site dont il a été déjà fait mention sur Thot-Cursus et qui fait une part importante à l’échange et l’interactivité.

Parallèlement à ces sites et portails, des groupes d’entraide et de conseil voient le jour sur les réseaux sociaux. La proximité est le maitre mot de ces initiatives dont l’une des plus originales est d’impliquer les élèves eux-mêmes pour lutter contre la déscolarisation. Une sorte de médiation par les pairs qui pourrait faire école !   


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