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Histoire de l'informatique pédagogique en France

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 07 février 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 04 septembre 2011

L'activisme de Jean-Pierre Archambault en faveur de l'enseignement de la technique informatique au lycée et des usages des logiciels libres en éducation ne se dément pas. Cet ancien prof de mathématiques au lycée, président de l'association "Enseignement Public et Informatique", est aussi chargé de mission veille technologique au Scérén. C'est en cette dernière qualité, qu'il signait en juin 2005 un article (pdf) dans Médialog sur l'histoire de l'introduction des TIC dans le système éducatif français.

Une longue histoire

Dans cet article, Jean-Pierre Archambault s'est appesanti sur l'histoire passionnante du Plan Informatique Pour Tous (IPT) dont 2005 marque le vingtième anniversaire. Pour lui, le plan IPT a constitué une étape décisive dans le processus d'intégration de l'ordinateur dans le système éducatif mais il rappelle utilement que ce processus lui était bien antérieur.

Les origines de ce processus remontent en fait aux années 1950 avec l'utilisation des machines comptables et des machines à cartes perforées pour la gestion administrative et commerciale. Cette évolution a donné lieu à des expériences dans l'enseignement technique et industriel. Et en 1966, au Lycée Bellevue de Toulouse, l'ordinateur a été utilisé pendant deux dans l'enseignement des mathématiques.

Cependant, la véritable histoire de l'informatique pédagogique en France débute en 1970 quand son apport éducationnel est formalisé en ces termes : "une des caractéristiques de l'informatique est de créer chez les élèves une attitude algorithmique, opérationnelle, organisatrice, laquelle est souhaitable pour bien des disciplines". A partir de ce moment, les initiatives se succèdent : l'équipement de 58 lycées entre 1972 et 1976, le plan d'équipement des lycées en 10.000 ordinateurs en 1979, le nouveau plan de l'Education Nationale selon lequel le système scolaire devra disposer en 1988 de 100 000 micro-ordinateurs et de 100 000 éducateurs formés à leur usage. Puis voit le jour en janvier 1985 le Plan IPT.

Matériels, logiciels et formation des enseignants

Le Plan IPT, dont Jean-Pierre Archambault fut l'un des acteurs de sa mise en oeuvre, a consisté en "une dotation généralisée des lycées, des collèges et des écoles en nanoréseaux, micro-ordinateurs personnels et logiciels pédagogiques, et dans la formation des enseignants pendant les vacances scolaires". Il peut se résumer ainsi : équipement des établissements scolaires en matériels et logiciels, et formation des enseignants. S'agissant des matériels et des logiciels, Archambault explique que le choix technologique était réaliste, économique et répondait à des objectifs pédagogiques et professionnels.

Quant au volet formation, il a touché 110.000 enseignants "rémunérés pour leur participation à des stages de 50 heures pendant les vacances de printemps, d’été ou de la Toussaint : une initiation, une sensibilisation de masse à l’informatique, une entrée remarquée et significative dans le futur". Toutes choses dont devraient s'inspirer les initiatives actuelles d'intégration des technologies dans le système éducatif. Et c'est bien le cas du Brevet Informatique et Internet (B2i) à en croire Archambault. Ce qui n'est évidemment pas l'avis de tout le monde, dans la mesure où le B2I semble bien davantage former aux usages qu'à la technique, suivant en cela le cours de l'histoire qui voit s'imposer des machines toujours plus simples ergonomiquement parlant, dont l'utilisation raisonnée requiert plus de capacités de jugement que d'habileté technique.

Du plan IPT, il n'en dit que le plus grand bien et se défend de réécrire l'histoire. "Le déploiement des TIC dans le système éducatif s’est poursuivi inexorablement, avec ses avancées et ses lenteurs. Mais des problèmes rencontrés ultérieurement ne sauraient constituer une pièce à charge à l’encontre du plan IPT permettant de dire qu’il aurait été un échec." Naturellement, ce plan n'a pas que des laudateurs. Le professeur Jean-Luc Michel s'attaque en règle à sa mise en oeuvre. Dans sa charge virulente, qui remonte à décembre 1984 et publié bien plus tard, il s'en prend au fameux plan notamment ses finalités relativement aux sommes engagées, les matériels, les logiciels, la formation. Bref, tout y passe avant de conclure : "Ce faisceau de critiques ne doit cependant faire oublier qu'à la base, il y a des passionnés de l'informatique pour tous (...)". Assurément, la plus belle leçon à retenir de l'histoire.

Télécharger : 1985, vingt ans après... Une histoire de l'introduction des TIC dans le système éducatif français (pdf).

A lire aussi sur Thot Cursus : Enseignement de l'informatique au lycée en France : la valse-hésitation (C. Vaufrey, avril 2010).

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