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Usages des réseaux sociaux en Afrique*

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 22 mars 2011

Le journaliste Antoine Labey signe dans InaGlobal, la revue des industries créatives et des médias,  une contribution intéressante sur les usages des réseaux sociaux en Afrique. Il identifie deux grandes tendances en la matière renseignées par le terrain : une orientation vers l'information citoyenne et une visée ouvertement commerciale. Lesquelles tendances sont observables à tous les niveaux de la société et ne sont pas seulement l'apanage des élites, pour paraphraser El Hadji Maky Idi Sall (cité dans l'article).

Citoyenneté et business

En effet, un peu comme on a pu l'observer dans les années 1990 lors de l'avènement démocratique en Afrique, les médias sociaux jouent aujourd'hui le rôle qu'ont joué à l'époque les médias traditionnels (radio et presse écrite), c'est-à-dire des outils pour accompagner les changements politiques et des vecteurs de changement social au travers de l'information. Plusieurs usages documentés dans la contribution de Labey le prouvent.

Et d'une façon générale, Internet permet en Afrique l'échange informel et formel de savoirs. Des technologies nées en Afrique permettent aux agriculteurs et aux pêcheurs de s'informer. Tout comme il existe sur le continent aux moins deux programmes universitaires internationaux de formation à distance : l'Université virtuelle africaine (UVA) et le Campus virtuel africain (CVA) qui utilisent pleinement les outils numériques pour dynamiser les échanges entre praticiens du Nord et du Sud. En outre, trois plate-formes de citoyenneté numérique ont été développées en Afrique et servent depuis à cette cause. Il s'agit de Ushahidi (Kenya) Zoopy (Afrique du Sud) et Afrigator (Afrique du Sud) qui sont des "références incontournables" dans leur domaine. Mais on se demande où sont les initiatives francophones en la matière ! N'y aurait-il rien à dire et aucun combat à mener dans ces pays ?

Défi de la pérennité

Ceci étant dit, la question que l'on est en droit de se poser est celle de la pérennité des initiatives africaines d'utilisation des réseaux sociaux. Cette question est d'autant plus préoccupante que ces initiatives se déroulent à côté de géants mondiaux prompts à croquer les petits concurrents. Or de la survie de ces médias dépendra la disponibilité de contenus africains et la diffusion d'« une identité culturelle africaine vivante ». Cette question de pérennisation se pose particulièrement à la formation à distance et à la télémédecine qui permettent de combler le manque d'enseignants et de médecins sur le continent.

Antoine Labey n'y voit que deux issues possibles : « L'avenir de ces initiatives dépendra en grande partie de la pérennité de leurs financements par les organismes qui les ont initiés, à moins que les pays bénéficiaires aient la volonté politique de prendre le relais au vu des bénéfices de ces pratiques sur leur développement économique. »

Voir :

Les réseaux sociaux en Afrique, entre information citoyenne et business - Antoine Labey

Les réseaux sociaux prennent leur envol au Cameroun - Louis Martin Onguéné Essono, sur Thot Cursus

A lire aussi sur InaGlobal : Les réseaux sociaux : reflet des différences culturelles ? Nikos Smynaios, 24 février 2011

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