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Le e-learning dans les grandes entreprises belges : pour aller contre quelques idées reçues

L'enquête annuelle sur le e-learning dans les entreprises belges montre que le e-learning se banalise, s'hybride et que les supports de cours sont de plus en plus souvent réalisés en interne.

Par Christine Vaufrey B , le 10 janvier 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 22 juin 2011

En septembre 2010 a été rendue publique l'enquête e-learning 2010 réalisée conjointement par la société NOW.be et l'AWT, agence  wallonne de télécommunication. Les résultats de l'enquête montrent que le paysage de l'e-learning en entreprises commence à changer.

Le e-learning : banalisé, hybridé, internalisé

La présentation des résultats de l'enquête met l'accent sur les réponses des entreprises comptant plus de 500 collaborateurs (50 % des répondants). On constate que 65 % de ces entreprises proposent des formation en e-learning. Jusque là, rien d'anormal : les tendances de ces dernières années montrent en effet que le e-learning est devenu une modalité "normale" de formation, surtout en cette période relativement difficile en termes économiques.

La bonne surprise vient de l'hybridation croissante des modalités de distribution de la formation : 46 % des répondants ont dit que les cours médiatisés venaient en complément à de la formation en présence. Les dispositifs hybrides gagnent donc du terrain, ce qui était pressenti par tous les observateurs et se confirme.

Encore plus surprenante est la tendance des entreprises à réaliser elles-mêmes, en interne, leurs produits de e-learning. 60 % des répondants disent en effet réaliser tout ou partie de leurs produits en interne, alors qu'ils ne sont que 44 % à acheter des contenus "sur étagère" et à les utiliser sans les modifier. La vogue des produits de "rapid learning", qui permet de créer simplement des supports de cours médiatisés, n'explique sans doute pas à elle seule cette tendance. Les entreprises ont probablement intégré des personnes capables de créer de tels supports de formation et n'estiment plus nécessaire de faire appel à des prestataires externes dans toutes les situations. Elles ne sont en effet que 13 % à faire réaliser intégralement leurs modules sur mesure en externe, bien que 80 % au total préfèrent les produits sur mesure aux produits standards. Personnalisation des contenus et présence de spécialistes en interne semblent bien remettre en cause la prédominance des produits dédiés aux langues et à la bureautique proposés sur étagère. On peut supposer que les besoins de formation dans les entreprises ont évolué vers une plus grande complexité.

Cet état de fait rapproche les stratégies adoptées par les entreprises en matière de production des supports de e-learning de celles qui ont cours dans les universités. En 2007 déjà, le directeur éditorial de Comptalia, l'un des tout premier centre de formation exclusivement à distance français, dédié aux métiers de la comptabilité, relevait cette tentation de la production interne et décelait là la principale source de progression du e-learning en France. L'exemple apporté par la Belgique en 2010 renforce donc cette perception du marché.

Des produits multimédiatisés... Mais peu collaboratifs

Les questions suivantes de l'enquête portent sur les contenus des cours. On constate là que le "toujours plus simple" est arrivé jusqu'aux concepteurs de cours puisque ces derniers comprennent majoritairement du texte, des images, des vidéos et de la voix. 79 % des produits intègrent également des quizz, ou, comme le dit le commentateur des résultats, "20 % des produits n'en comprennent pas", ce qui l'interroge sur la nature-même des supports proposés : s'agit-il de produits de formation, ou d'information ? Le quizz n'est certes pas la seule modalité d'autoévaluation possible en e-learning, mais c'est sans conteste la plus courante, surtout dans les produits d'auto-apprentissage complet.

76 % des répondants ont en effet dit proposer des produits de e-learning utilisables en autonomie complète, sans accompagnateur, sans tuteur... et sans contact avec les autres apprenants. Bien peu d'entre eux en effet ont intégré des outils de partage de documents (21 %) ou des forums (16 %). Cette absence manifeste de dispositifs permettant de soutenir la motivation des apprenants et de renforcer leurs aprentissages via la collaboration nous ramène là aussi à la question principale : s'agit-il vraiment de parcours d'apprentissage ? Et à son corollaire : qu'attend l'entreprise en proposant ces cours à ses salariés ?

Cette enquête, dont les résultats rejoignent des observations faites dans d'autres pays d'Europe, montre que la prochaine étape à franchir en matière de qualité du e-learning en entreprises sera celle de la socialisation : les entreprises ont tout intérêt à recruter des scénaristes pédagogiques au fait des dernières recherches touchant au social learning et à s'allier le concours de tuteurs, de manière à saisir l'opportunité du e-learning pour développer de véritables communautés d'apprentissage capables de soutenir la motivation des apprenants et d'étendre l'effort de formation bien au-delà du cours lui-même.

 

Enquête e-learning 2010 en Belgique. Présentation audio et dapo de Xavie Van Dieren, de la société NOW.be

7 tendances qui se dégagent de l'enquête E-Learning 2010. Formavox, David Vellut, 5 avril 2011.

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