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Côte d'Ivoire : usage innovant des réseaux sociaux

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 26 avril 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 04 juin 2011

De la présidentielle de 2010 jusqu'à l'arrestation du président sortant le 11 avril 2011, les réseaux sociaux ont joué un grand rôle dans la mobilisation citoyenne et plus récemment dans l'aide humanitaire en Côte d'Ivoire. Lors de l'élection, les internautes ivoiriens ont initié sur Twitter le mot-clic (hashtag) #civ2010 qui permettait d'échanger des informations sur la campagne, sur les candidats, sur le déroulement du scrutin et sur les résultats.

Très rapidement quand une crise post-électorale est survenue du fait de la contestation des résultats du scrutin et s'est muée en une guerre, un Ivoirien a lancé sur la même plate-forme le hashtag #civsocial qui "permet d’identifier les Ivoiriens en détresse, mais aussi d’échanger des informations sur la localisation des combats, des pilleurs, des pharmacies ou des supermarchés ouverts." La plate-forme Facebook aussi est mobilisée sur ce coup.

En complément de cette initiative, l'ONG Akendewa a ouvert un call center (centre d'appel) à Accra à 350 km de la zone de conflit pour prendre en charge les victimes collatérales de la crise dans un contexte de suspension des messages courts (SMS) par le mobile et d'impossibilité de chargement des lignes téléphoniques. "Les opérations du Call Center sont déclenchées à partir d’un tweet, sms, bip/flash, email ou tout autre appel pour déterminer le service ou contact le plus compétent et ainsi lancer le processus de prise en charge de la victime".

Le Call Center en tant qu'outil de gestion de l'urgence repose sur l'action des bénévoles présents sur le terrain qui avec les moyens du bord transportent les malades et offrent d'autres services comme la fourniture de médicaments et de repas aux nécessiteux, l'alerte des forces de sécurité en cas de pillage etc.

L'ONG Akendewa n'est pas à son coup d'essai dans l'utilisation des réseaux sociaux à des fins humanitaires. Elle s'est servi par le passé des mêmes canaux pour réaliser une opération de don de sang. Elle est l'organisatrice du BarCamp d'Abidjan et a soutenu celui de Lomé. Bref, elle est à la pointe de la promotion des usages de l'internet et du mobile en Afrique. Raison pour laquelle elle en administre elle-même la preuve à travers ses actions.

Suite à la normalisation progressive de la situation en Côte d'Ivoire, le hashtag #civnext a été lancé pour recueillir des avis non partisans sur la reconstruction du pays. Le hashtag #civreconciliation est déjà annoncé pour accompagner le processus de vérité et réconciliation promis par les nouvelles autorités.

De plus en plus, des usages innovants des réseaux sociaux se multiplient en Afrique et témoignent d'une appropriation locale des technologies du web 2.0. En même temps que ceci suscite beaucoup d'espoirs, il est regrettable que ce bouillonnement ne soit pas perceptible du côté des institutions éducatives. Peut-être la prochaine étape...

Voir :

Les réseaux sociaux prennent leur envol au Cameroun - Louis Martin Onguéné Essono sur Thot Cursus

Les réseaux sociaux : reflet des différences culturelles ? - Nikos Smyrnaios sur InaGlobal (24 février 2011)

Illustration : Plateau, AbidjanabdallahhCC BY 2.0

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