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Motivation en formation à distance : c’est la reconnaissance qui est nécessaire en Afrique -

Par Louis-Martin Essono , le 15 avril 2001 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Depuis une dizaine d’années, la coopération bilatérale a introduit la formation à distance en Afrique francophone. Près de deux mille apprenants ont ainsi été formés et investis sur le terrain, par démultiplication des connaissances. Mais la réalité que l’on observe est différente de ce qu’on peut lire dans les rapports sur papier.

Au Cameroun, au Tchad ou au Niger, on constate que les apprenants se découragent vite parce que le résultat de leur effort n’est pas officiellement reconnu par l’Administration qui, pourtant, a recommandé et autorisé la tenue des sessions de formation. On prendra pour exemple les dizaines de formation à distance organisées par la défunte ACCT dans près de 20 pays de l’Afrique subsaharienne. En accord avec ces pays, l’Agence de la Francophonie a offert des sessions gratuites à des milliers d’enseignants de français en vue de relever le niveau de la langue française auprès des élèves. Des ouvrages, des textes d’apprentissage, des thèmes variés en langue française, en littérature, en pédagogie, en didactique ont été abordés dans la décennie 1990-2000.

Tous ces maîtres, instituteurs, professeurs et alphabétiseurs ont été formés avec le sentiment que la formation reçue pourrait les aider à améliorer leur carrière. Mais pendant dix ans, on a douloureusement assisté à des promesses des pays francophones de mettre sur pied une politique nationale de formation à distance, une politique qui soit cohérente et fonctionnelle comme au temps des cours par correspondance qui existaient au Cameroun, au Sénégal, en République Centrafricaine, ces cours qui conduisaient les maîtres-apprenants à des concours administratifs dans le but de les faire reconnaître.

Aujourd’hui, il faudrait une concertation entre les ministères du Travail, des Finances et de la Fonction Publique pour que la formation à distance suivie par les apprenants en six mois ou en un an soit reconnue comme faisant partie intégrante de la formation et du perfectionnement des Agents de l’État. Mais cette concertation tarde toujours à venir, dix ans après les débuts de la formation à distance en Afrique francophone.

La demande est grande pour poursuivre des sessions de formation à distance parce que le besoin est réel et l’impact positif. La déception est grande aussi, et la démotivation, exponentielle. Pourtant, les enfants ont besoin d’être éduqués et les maîtres et professeurs ont besoin de se recycler.

La preuve de ce besoin est que malgré les distances et l’absence de structures de télécommunications modernes comme le téléphone, le fax ou l’Internet, les enseignants de la Province de l’Adamaoua au Cameroun effectuent à pied un parcours de 100 kilomètres pendant trois jours pour prendre part au premier ou au deuxième regroupement. Les lettres qu’ils adressent aux autorités pour renouveler les sessions prouvent que la motivation des enseignants est encore une flamme à entretenir, par la diplômation entre autres, ou la certification tout simplement.

Que faut-il donc pour motiver un enseignant à apprendre ?

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