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Formation à distance pour les demandeurs d'emploi wallons : mission accomplie

Pour suivre une FAD, il vaut mieux être jeune et déjà bien qualifié, dit le lieu-commun. Faux, répond le Forem.

Par Christine Vaufrey B , le 11 janvier 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 02 juin 2016

Comme en de nombreux pays, les demandeurs d'emploi de Wallonie doivent justifier de leurs démarches de recherche d'emploi ou de formation pour toucher des indemnités chômage et bénéficier des services du Forem, Office régional de l'emploi et de la formation professionnelle en région wallonne.

La branche "formation" du Forem (Forem Formation) a souhaité offrir de la formation à tous les demandeurs d'emplois wallons, quel que soit leur âge, leur spécialité, ou encore leur niveau d'études. L'originalité de cette initiative tient au mode de distribution de cette formation : il s'agit de formation tout à distance, gratuite et accompagnée par un tuteur ou coach, dans le vocabulaire adopté dans le cadre de cette initiative.

La formation a été mise en place à partir de 2005, sur la base d'expériences antérieures, avec une petite équipe de quatre personnes. Les modules de formation furent fournis par les Centres de compétences (centres de formation du Forem), avec des achats complémentaires de modules sur étagère lorsque nécessaire. Des tuteurs furent embauchés et formés pour accompagner les apprenants dans leur parcours de formation modulaire et à la carte.

Les formations portaient pour moitié sur de la bureautique, et pour moitié sur l'acquisition de compétences transversales (soft skills) telles que la gestion du temps ou la communication.

De 2005 à 2010, 16 000 personnes ont émis le souhait de s'inscrire dans l'une de ces formations à distance. Finalement, la moitié d'entre elles l'ont effectivement fait, ce qui reste un effectif important, surtout si l'on considère la dimension non-certifiante des formations d'une part, l'hétérogénéité des publics d'autre part.

Un public inhabituel pour la formation à distance

Arrêtons-nous un instant sur ce point. L'on dit souvent que "la formation va aux formés", dans la mesure où seuls ceux qui ont une expérience antérieure réussie de la formation (scolaire, universitaire ou professionnelle) ont développé les habiletés et les attitudes nécessaires à la reprise d'un parcours. Dans le cas des demandeurs d'emploi wallons, on soulignera que 75 % d'entre eux n'avaient pas fait d'études supérieures, une part non négligeable ne disposant même que du diplôme de secondaire inférieur (qui s'obtient à l'âge de 15 ans).

Par ailleurs, on s'attendrait à ce que la FAD convienne mieux aux jeunes qu'aux personnes plus âgées. Là encore, les chiffres s'inscrivent en faux contre cette idée reçue : 71 % des personnes effectivement inscrites dans le dispositif avaient plus de 30 ans (27 % de la population totale ayant plus de 40 ans).

Le rôle crucial du tuteur... expérimenté

L'un des facteurs de succès du dispositif fut sans conteste la présence des coachs auprès des apprenants. Le taux de participation aux différents modules étant d'ailleurs directement corrélé à l'expérience des coachs présents : 34 % de participation régulière dans un module encadré par un coach débutant, contre 66 % pour un module géré par un coach très expérimenté et ayant suivi une formation longue spécifique. 

L'histoire ne dit pas quel fut le devenir de ces demandeurs d'emploi, s'ils ont retrouvé du travail rapidement. Mais leur degré de satisfaction à l'égard du dispositif a régulièrement été mesuré. Ont particulièrement été appréciés : la qualité des cours, le fait de pouvoir étudier sans contrainte de temps ni d'espace, le fait de pouvoir suivre plusieurs fois le cours, le fait de pouvoir entrer en contact avec les autres.

Un apprentissage plus social et des formules hybrides

Mais ces contacts semblent malgré tout avoir été assez limités, car plusieurs apprenants ont demandé à améliorer cet aspect. Ce qui incite Odile Dupont, responsable de ce projet, à le faire évoluer vers une forme d'apprentissage plus sociale, bien que toujours à distance : "un travail important doit être réalisé en interne pour sensibiliser et informer sur les évolutions du Web 2.0 et l'impact que cela engendre sur les méthodologies de formation. L'objectif à atteindre est une modification en profondeur des méthodes de formation pour favoriser une pédagogie active intégrant l'usage de l'information et de la communication". Et Mme Dupont de souligner qu'il n'est pas tout à fait simple de trouver des modules de formation sur étagère correspondant à ces nouvelles exigences. 

La formation à distance bénéficie manifestement d'un fort soutien de la part des autorités et acteurs de l'éducation et de la formation en Wallonie. Le Forem va poursuivre son activité de FAD auprès des demandeurs d'emploi en général, accompagner les Centres de compétence pour faire évoluer leur offre de formation, et développe actuellement un projet fort ambitieux de dispositif hybride de formation qualifiante : Factor-e est en effet une formation aux métiers d'opérateur de production et d'agent de maintenance dans un environnement physique réel et un environnement virtuel développé pour la circonstance. On suivra avec le plus grand intérêt le développement de ce projet et les réactions des premiers participants. 

Voir la présentation d'Odile Dupont aux journées Tice de Nancy en décembre 2010 : Présentation de l'offre de formation à distance pour les demandeurs d'emploi wallons

Factor-e sur le site du Forem

Vidéo de présentation de Factor-e

Un grand merci à Mme Odile Dupont pour m'avoir transmis le texte de son intervention aux journées Tice de Nancy.

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