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La mobilité de demain à travers le cinéma de science-fiction

Comment nous déplacerons-nous demain et dans quels environnements ?

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 03 mai 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 15 mars 2012

Aldo Bearzatto et Hervé Bougon s'interrogent dans un article sur la mobilité de demain à travers le cinéma de science-fiction (SF) : comment ce genre cinématographique imagine t-il nos déplacements à venir ? Pour répondre à cette question, les auteurs ancrent leur réflexion sur la ville du futur. Autrement dit, pour parler de la mobilité c'est d'abord l'environnement dans lequel elle se déroule qu'il faut questionner. Dans le cas d'espèce, cet environnement n'est autre que la ville.

Une ville du futur verticale et dense

Car de nombreux films de SF semblent avoir envisagé la ville du futur tout en tenant compte implicitement de l'aspect mobilité et surtout des difficultés de déplacement éprouvées dans la ville actuelle. En réponse à l'angoisse de "la concentration des activités et des ressources humaines, impliquant la disparition de la nature et par là, l’accroissement de la densité", la ville de demain est considérée comme une structure spatiale verticale qui permet une meilleure circulation, avec "des ballets incessants de voitures qui se juxtaposent à tous les échelons de la mégapole anonyme". C'est ainsi qu'elle est re présentée dans des films aussi marquants que Métropolis de Fritz Lang ou Blade Runner de Ridley Scott.

La cité futuriste n'est pas uniquement verticale. Elle présente aussi un caractère dense lié aux activités qui s'y déroulent : commerces, parcs, transports etc. Pour faire face à cette densité, les architectes-cinéastes entrevoient une segmentation sociale dans l'occupation de l'espace. Dans l'un des films, les élites vivent dans un gratte-ciel tandis que les pauvres et les robots sont contraints à une vie souterraine.

La mobilité de demain

Cette représentation de la ville induit une réduction des distances et introduit des outils de mobilité hypertechnologiques comme les transports rapides. Dans le cinéma occidental, les véhicules circulent sur des roues ou des rails suspendus. En revanche, du côté asiatique, ces véhicules sont capables de voler.

"Ce penchant pour l’objet volant traduit un imaginaire porté sur une forme de libération des individus (mobilité sociale incluse) représentée par une mobilité totalement libre, sans contraintes spatiales particulières mais qui répond à un désir de possession d’un véhicule individuel".

En définitive, le cinéma de science-fiction propose des modèles de mobilité et de ville qui ne sont autres que "l'extrapolation de nos peurs et de nos espoirs, une métaphore de nos cités actuelles".

Mais ils ignorent largement une autre réalité : celle de la suppression de certains déplacements, grâce aux outils numériques de communication à distance... Si l'on considère qu'une partie de la SF fait preuve de capacités d'anticipation, on en concluera que nous continuerons de nous déplacer alors même que nous pourrions réaliser bon nombre d'opérations "en présence à distance". 

Cinéma de SF et imaginaires de la mobilité, article paru dans la revue Azimut. Ville et cinéma, février 2010

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