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France : Du retard dans l’utilisation des Tice

Par Louis-Martin Essono , le 14 janvier 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 22 octobre 2008

Il était déjà curieux que certains Africains rendus en France soient scandalisés de ne pas rencontrer Internet gratuit à tout bout de champ ou sur les bornes publiques le long des routes. Quoi qu’il en soit, les Tic sont, en France, un des moteurs du développement. Relativement aux utilisations pédagogiques de ces outils, la France représente aussi un modèle que l’on imite, au regard des universités virtuelles et des campus numériques qui foisonnent dans ce pays bien qu’ elles peinent à prendre leur envol.

Les différentes expositions, les nombreuses manifestations qui célèbrent ces usages des Tic à l’école font donc croire que la France est à la proue, jusqu’à ce qu’un rapport relatif à r l’Université numérique soit récemment remis à Valérie Precesse, la ministre française de l’Enseignement supérieur.

Rédigé par Henri Isaac, enseignant à Paris IX-Dauphine, ce rapport explique les raisons du retard de l’université française en matière d’utilisation des Tic. Les causes de ce retard sont dus à 04 raisons principales : elles sont stratégiques, organisationnelles, humaines et juridiques. Les Afriques, qui viennent cette année même d’intégrer le système LMD, sont intéressées en apprenant qu’«il faut une véritable réflexion sur l’intégration du numérique lors du passage au LMD, réflexion qui fait cruellement défaut.»

Allant dans le sens des réflexions qui ont actuellement à la « ticisation sauvage » des écoles africaines, H.Isaac recommande que la mise en place des universités numériques nécessite aussi une réflexion sur la pédagogie nouvelle nécessaire à mettre en oeuvre. « Alors que le numérique ne se résume pas à la mise en place d’outils informatiques », il est important de réfléchir aux usages pédagogiques de ces outils et ressources.

Douze propositions achèvent le rapport : elles concernent entre autres, la fourniture 100% des documents pédagogiques numériques pour 100% des étudiants, le repositionnement de la production des ressources numériques, l’essor de l’Enseignement à Distance, l’Amélioration de la formation au métier d’enseignant, etc.

Il est heureux de constater que, dans un pays qui a déjà intégrer les Tic dans les meours, de telles réflexions soient continûment en cours alors que les pays en développement, qui commencent à peine à en prendre conscience, rejettent toute idée de concertation réflexive sur l’usage es Tic en classe. L’impression courante et gênante parfois, est de voir les décideur jeter leur dévolu sur l’acquisition des ordinateurs que de réfléchir profondément sur les contenus pédagogiques et sur les emplois des technologies éducatives proprement dites. Le retard dénoncé en France n’est donc pas matériel comme on s’en rend compte. Il est ailleurs. Cet ailleurs en Afrique, doit être approfondi.

Le rapport entier peut se lire ici

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