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Une expérience de formation supérieure réussie via Internet à l’Université de Limoges (1999)

Par Denys Lamontagne , le 30 août 1999 | Dernière mise à jour de l'article le 01 août 2015

Isabelle Gonon, coordinatrice des programmes à l’Université de Limoges a répondu à plusieurs de nos questions en ce qui concerne les diplômes offerts à distance dans le cadre d’un projet pilote qui a débuté en 1998 en formation continue.

En septembre de 1998 les mêmes diplômes sont offerts en formation initiale. Il s’agit de deux diplômes nationaux, un DEUST (Diplôme d’études générales en sciences et techniques) et une MST (Maîtrise en Sciences et Techniques) préparant aux nouveaux métiers liés aux TIC.

Madame Gonon, d’où proviennent les étudiants qui ont choisi de suivre les cours selon le mode «Zéro papier»?

Les étudiants inscrits sont pour la plupart en poste hors de Limoges; aussi l’essentiel de la formation s’est-il déroulé à distance via Internet.

Quels outils avez-vous utilisé pour livrer ce cours dans Internet et en assurer le suivi?

Nous avons utilisé toutes les fonctionnalités à notre disposition : le Web, le courrier électronique (listes et forums), le ftp, le "chat"...

Nous avons aussi utilisé les ressources d’Internet pour se procurer les logiciels nécessaires (freewares et versions démos des logiciels). La recherche sur le web, l’apprentissage de ces logiciels et des différentes fonctionnalités d’Internet faisaient aussi partie des compétences manipulatoires à acquérir en première année et sont aussi un aspect de la "culture de réseau".

Ce sont ces mêmes outils associés à des tableurs et à un gestionnaire de base de données (FileMakerPro) que j’ai moi-même utilisés pour gérer nos étudiants. J’utiliserai peut-être cette année Learning Space de Lotus mais il faut auparavant que j’en découvre les possibilités. Je n’ai pas encore eu le temps de m’y consacrer.

Comment s’est déroulé le cours et quel a été l’accueil des étudiants?

L’année s’est déroulée de manière satisfaisante. Les étudiants ont, semble-t-il, apprécié le suivi et le temps que professeurs et tuteurs leur ont consacré. Certains ont le sentiment d’être des pionniers et apprécient l’aventure.

Il est trop tôt pour évaluer les résultats de cette formation (trois ans pour obtenir le diplôme en formation continue, deux ans en formation initiale) mais les résultats de la première année sont au moins équivalents sinon meilleurs que ceux d’une cohorte d’étudiants inscrits dans des formations plus traditionnelles se déroulant en présentiel.

Est-ce que les taux de réinscription pour la deuxième année sont comparables à celui du cheminement traditionnel ?

Ils sont meilleurs dans la mesure ou dans les DEUG traditionnels, on perd environ 50% des étudiants en première année et nous n’en avons perdu qu’environ 20%.

Vous offrez à nouveau le programme pour une nouvelle cohorte; est-ce que les inscriptions augmentent ou dépassent vos prévisions?

Même si je n’ai pas encore le nombre exact, nous savons que le nombre dépasse nos prévisions.

À ce niveau, quel effort particulier de promotion effectuez-vous ?

Nous avons écrit quelques articles dans des listes de diffusion et avons utilisé la presse locale

Et qu’en est-il de la gestion académique; est-elle plus compliquée que ce que vous aviez prévu ?

Nous avons les mêmes outils de gestion des étudiants : c’est-à-dire le système Apogée.

Est-ce que vous restez dans les prévisions des coûts associés à ce programme ?

Oui, tout à fait.

L’accueil du corps professoral est-il généralement positif ou constatez-vous des résistances? Est-ce que d’autres départements percoivent cette initiative comme une menace?

Cela dépend des individus, néanmoins il est prévu d’ouvrir à la rentrée 2000 une option transverse pour toutes les maîtrises.

Enfin, l’image perçue de votre institution change t’elle dans les mentalités de vos partenaires ?

Oui; nous paraissons plus innovateurs, plus capables, autant pour les individus que pour les entreprises...

En somme, une expérience menée par étape, qui s’appuie sur des éléments fiables dans la structure administrative existante et dans le réseau Internet et enfin, qui s’est tenue à sa philosophie «zéro papier» d’un bout à l’autre du processus. Ce qui permet à tous de s’enligner techniquement sur une donnée simple et stable.

http://www.centre-inffo.fr/IMG/pdf/ulimoges.pdf

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