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Les agriculteurs du Cameroun à l’université grâce à la formation à distance -

Par Louis-Martin Essono , le 07 octobre 1999 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Depuis la réforme de l’Enseignement supérieur, en 1993, le Cameroun compte six universités d’État qui se sont substituées à l’ Université de Yaoundé devenue trop petite pour accueillir tous les candidats aux études supérieures.

La réforme de 1993 supprimait la bourse à tous les étudiants, qui signent désormais un protocole les incitant à plus de civisme et aux activités strictement académiques. Une des plus importantes innovations de cette réforme est aussi de spécialiser chaque université dans un domaine bien défini.

Ainsi, l’Université de Dschang, située à 326 km de Yaoundé, (capitale du Cameroun) et implantée dans la région agricole des Hauts plateaux de l’Ouest, a reçu pour mission de se tourner vers le monde rural essentiellement agricole par l’enseignement, la recherche et l’appui au développement. L’objectif principal assigné à cet établissement est de former les citoyens, étudiants et paysans, aux activités agricoles, grâce à

un enseignement théorique appuyé par un enseignement pratique de qualité.

Les programmes mis en place ont été repensés pour être rapprochés de la population paysanne. D’où l’introduction, depuis 1991, de

l’enseignement à distance dans le domaine de l’Agriculture, en vue de permettre à chaque Camerounais qui le désire, d’acquérir une bonne formation en agriculture. Cette introduction de l’enseignement à distance est une réponse de l’Université à l’engagement solennel pris pour contribuer à un développement rural durable au Cameroun

Une initiative canadienne

Initié et financé en 1991 par l’ACDI, (l’Agence Canadienne pour le Développement International), le programme d’enseignement à distance de l’Université a été mis en place avec l’aide de l’ Université de Guelph (Canada) permettant ainsi aux étudiants/paysans d’apprendre tout en travaillant et de concilier en même temps la formation et le travail. Les premiers enseignants, au nombre de 10, ont été formés au Canada dans le domaine de la fàd. Ils ont ensuite reçu une formation de courte durée dans le domaine de l’administration, des projets, de l’élaboration des programmes, du développement des cours et de développement des auxiliaires audio-visuels et de marketing.

Les enseignements dispensés avec le soutien du Canada comportent tous les aspects de l’Agriculture tropicale et équatoriale.

Une formation à envergure nationale

Les enseignements sont essentiellement basés à l’Université, mais des antennes sont ouvertes dans les huit provinces du Cameroun, dans des sites géographiques autrefois réservés aux Instituts de Recherches Agronomiques. La fin de la formation donne droit à un diplôme ou à un certificat en agriculture tropicale. À ce jour, et bien que payant (150FF/an), le programme de formation compte 230 apprenants qui, en avril et en août, lors des vacances scolaires, se regroupent sur le campus de Dschang pour des rencontres.

Les cours sont distribués aux apprenants surtout sous forme d’imprimés; mais quelques modules sont complétés par des cassettes audio ou vidéo. Une partie du matériel est souvent rendu à l’université à l’achèvement de la formation. Le téléphone et le net sont une denrée rare. À preuve : en attendant la mise à exécution des promesses du Ministère de l’Enseignement Supérieur de connecter toutes les universités à Internet, l’ Université de Dschang n’a pas de site Web propre et est hébergée par l’Université de Douala...

Une coopération étendue

Un programme de formation à distance est prévu pour l’ensemble des universités; mais déjà, l’Université de Dschang a pris des contacts pour échanger avec quelques universités américaines dans le développement de cours et de recherches en agriculture tropicale. Plusieurs missions de responsables se sont déroulées entre Huston et Dschang en vue d’établir de nouveaux contacts et le développement de la fàd à Dschang.

Le Cameroun s’apprête à introduire la formation à distance dans ses programmes malgré l’absence notoire d’une politique de formation à distance visible.

L’ Agence intergouvernementale de la Francophonie a financé, depuis 1992, le recyclage des professeurs de français de l’enseignement secondaire camerounais.

Le Cameroun a aussi participé, par l’École Polytechnique et sous la houlette du Pr Tonyè, au programme télésun. L’ Unesco et l’ AUF ont aussi accordé des crédits à des centres privés de formation à distance camerounais.

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