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Les TIC au service du développement et de la recherche -

Par Louis-Martin Essono , le 21 octobre 1999 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Créé en 1982 à l’ École Polytechnique de Yaoundé, le Lets (Laboratoire d’Électronique et de Traitement du Signal) se tourne, dès 1994, vers des activités de recherche en développement comme le génie biomédical, les télécommunications et la télédétection. Il est actuellement dirigé par le Pr. Tonyè, enseignant chercheur à l’École Nationale Polytechnique de Yaoundé.

Un travail en partenariat

Dans le domaine des télécommunications, les travaux du Lets sont une contribution au projet Télesun de la Commission Européenne. Telesun (A Worldwide multimedia Teleteaching System for Universities) implique six universités, dont trois en Afrique, le Cameroun, le Maroc et la Tunisie, et trois en Europe, la France et la Belgique. Le but du projet est de permettre l’application du système de communication ATM (Asynchrone Transfert Mode), un réseau à très haut débit. Ce système autorise des transmissions locales et permet une application industrialisable de télé-enseignement qui met en valeur le système ATM. L’expérience de trois ans (1995-1998) a débouché, pour la partie camerounaise, à la fabrication locale des antennes paraboliques.

Les réalisations du Lets

Dans le cadre du projet Télesun, le Lets a réalisé un système de redistribution des signaux satellite permettant aux utilisateurs de disposer d’un outil d’aide au choix des communications pour

maîtriser la qualité du service de télécommunication en vue d’assurer un enseignement à distance par Internet.

L’objectif est de développer un logiciel utilitaire capable d’offrir aux utilisateurs du réseau Internet, notamment aux apprenants en formation à distance, les moyens de maîtriser en permanence et dans le temps l’évolution du trafic pour

pouvoir choisir et prévoir le moment judicieux et la nature de leurs communications sur Internet.

Une des applications de ce logiciel permettrait aux apprenants du télé-enseignement d’élaborer de véritables emplois du temps par un travail convivial sur le réseau et de réaliser ainsi des économies financières importantes liées au gain de temps dorénavant moins long pour se connecter au réseau.

L’une des contributions du Lets à Télesun a été la réalisation, -- sur la base de l’expérience antérieure acquise dans ce domaine --

d’un cours multimédia sur les antennes paraboliques.

Ce cours est accompagné d’exercices corrigés et d’une bibliographie annotée. Une partie seulement du cours est en ligne sur le site propre du Lets Mais le cours est disponible au complet sur cédérom.

Outre ce cours, le laboratoire a réalisé des travaux dans le cadre de la formation à distance technologique. Il a en effet produit, en 1998, un cours multimédia d’électronique pour les classes de Terminales de l’enseignement secondaire technologique des Lycées du Cameroun. Le cours dispensé en formation à distance a regroupé 20 lycées techniques.

La Recherche pour le développement communautaire et sous-régional

Le Lets, par ses recherches, s’est tourné vers l’appui au développement. Ses travaux ont favorablement influencé la dynamique du développement communautaire au Cameroun et dans les autres pays africains comme la République Centrafricaine, le Gabon et le Bénin avec lesquels s’est établie une étroite coopération.

Avec ses recherches, le Lets participe aux progrès technologiques de l’information en Afrique. Ainsi, la méthodologie de conception et de mise en oeuvre pour la réalisation, par une technologie simple mais fiable, d’un programme de conception assistée par ordinateur pour produire des antennes paraboliques à partir des matières premières disponibles au Cameroun. Grâce à ces travaux, le coût d’acquisition d’un kit de réception de télévision par satellite est passé de 15 000 FF en 1992 à 3 500 FF en 1998; et même, aujourd’hui, à près de 2 000 FF. C’est pourquoi, au Cameroun, l’on compte aujourd’hui quelque 100 000 systèmes de ce type.

L’expérience camerounaise a ainsi pu être exportée en favorisant la coopération Sud-Sud par le transfert des technologies par le truchement de la formation offerte à d’autres pays de la région. Le Gabon, le Tchad, le Bénin et la République Centrafricaine peuvent ainsi bénéficier de la réalisation de ces technologies.

Le LETS fait partie de quelques équipes camerounaises dont les travaux, financés par la coopération internationale, ont abouti à des résultats concrets. Le Fonds Francophone des Inforoutes financera, pour le biennum 1999-2001, un projet sur les Travaux pratiques à distance des systèmes automatisés, alors que l’European Space Agency (ESA) s’apprête à débloquer des fonds pour le suivi de la croissance de grands centres urbains camerounais.

Il est certain que la mise en oeuvre concrète d’une politique nationale de formation à distance au Cameroun pourra rapidement être accélérée. Les infrastructures techniques de communication par satellite et l’expertise nationale représentent des atouts certains. La formation à distance dans ce pays de 15 millions d’habitants constitue une solution alternative pour la mise en place, avec des chances de succès, de ce mode d’enseignement dans tous les ordres d’enseignement, vu la grande masse des enfants à scolariser. Il faut, pour cela, une véritable politique en la matière.

Plusieurs projets de formation à distance financés par la coopération internationale sont en voie de réalisation; ils concernent l’enseignement primaire, secondaire et supérieur.

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