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Publié le 04 novembre 1998 Mis à jour le 12 décembre 2008

La formation à distance «techno» vue des pays du Sud

La formation à distance est à la mode. Après des années de dévalorisation souvent sans fondements, voilà qu’aujourd’hui, il ne se passe pas un événement à caractère éducatif où le sujet ne soit à l’ordre du jour. La poussée des technologies de l’information y est pour quelque chose. L’évolution des modèles pédagogiques aussi; du moins, souhaitons-le.

Mais qui dit mode dit aussi éphémère. La mode change, c’est sa nature.

Dans ce contexte, demandons-nous quelle est la raison d’être de l’enseignement, de l’apprentissage ou de la formation à distance. Il s’agit de dispositifs pensés et mis au point d’abord pour répondre à des besoins importants, diversifiés, décentralisés, difficiles et onéreux à combler par les mécanismes éducatifs "classiques" ou des systèmes d’éducation inefficaces.

On a perdu le sens de ce constat!

Aujourd’hui, on introduit la formation à distance dans le discours contemporain en parlant de satellites, d’inforoutes, de plateforme d’apprentissage sur le Web, de multimédia. Cette approche pose problème pour les pays moins bien nantis de notre planète. Discours technologique... Discours ethnocentrique? Poser la question, c’est y répondre.

Regardons la situation des pays en voie de développement à l’aube de l’an 2000. Ils rencontrent les mêmes obstacles -- mais avec une acuité peut-être vingt fois plus grande --, que ceux rencontrés par les initiateurs des premières expériences de FAD au 19e siècle au États-Unis, en France, au Canada ou en Allemagne.

Dispersion de la population, moyens financiers réduits, résistance aux changements, insuffisance de moyens de communication, précarité des ressources sont des réalités bien tangibles pour cette importante partie du monde. Comment faire pour que «technologies de l’information» et «formation à distance» riment avec développement? La réponse n’est certes pas uniquement dans la "tuyauterie".

Les TIC apportent de nouvelles solutions à d’anciens problèmes. Cela est indéniable. Mais il ne faudrait pas oublier que ces solutions ne s’appliquent pas au même rythme partout. Les pays du Sud "se branchent" de plus en plus, mais la croissance de cette connectivité est loin de se faire au même rythme que celle des pays du Nord.

Le transfert technologique n’est pas un mince enjeu : c’est L’ENJEU. Comment accompagner ces États dans l’ère numérique afin d’éviter que le décalage existant ne s’amplifie davantage? Comment favoriser chez eux une réelle appropriation des TIC en évitant de plaquer des modèles étrangers? Le gavage, c’est peut-être bon pour le foie gras... mais sûrement pas pour le développement intégral.

Il est urgent d’établir plus de collaborations réelles avec les institutions de ces pays. L’Agence de la francophonie peut faciliter ces contacts et fournir les références aux partenaires potentiels. Les technologies de communication : OUI. Mais les plus robustes, les plus simples, les plus accessibles et les moins coûteuses.

La masse est là. Le potentiel est là. À la base. Et il faut une base pour élever un sommet. Il faut aussi des outils. Des outils que les gens en place peuvent utiliser de façon réaliste.

Contact à l’Agence : [email protected]

Pour donner une idée de la grandeur du fossé : Un chiffre nous a échappé


Mots-clés: Distance Mode Formation Dévalorisation

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