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Les classes virtuelles simultanées permettent de sauver des disciplines en danger de disparition

Par Alexandre Roberge , le 16 décembre 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 17 décembre 2008

Imaginez la scène: nous sommes en plein coeur de la Virginie, aux États-Unis. À Suffolk, dans 3 écoles secondaires différentes, des élèves s'assoient dans une classe tout ce qu'il y a de plus banale. Dans le nord de la ville, la classe est pleine, dans le sud seulement une poignée d'élèves sont assis et discutent; à l'est, la classe est remplie à 50 % environ. À l'école du nord, une enseignante entre. Pourtant, les élèves du sud et de l'est de la ville voient la même personne apparaître devant eux... sur un écran. Aussitôt, madame Ickert débute son cours avec un  "Bonjour!" tonitruant. Ce à quoi les 3 classes répondent la même salutation. Ça y est, tous ces élèves amorcent leur cours de français.

Scénario improbable ? Plus depuis cette année où la région des Hamptons Roads, au sud-est de la Virginie, a décidé de se tourner vers la formation à distance pour les cours de langues étrangères, mais également des cours d'histoire de l'art ou d'histoire de la musique. Pourquoi une telle décision ? Il faut comprendre qu'en Virginie, on ne donne pas un cours optionnel dans les écoles secondaires lorsque moins de 15 élèves sont inscrits. Mais la formation à distance a permis la tenue de ces cours, puisqu'on compte plus de 15 élèves au total... dans toutes les écoles d'une même région ou d'une même ville. Pour l'instant, on dénombre 56 cours offerts avec ce système de cours à distance simultanés.

Ainsi, des cours de japonais ou de latin, matières à faibles effectifs, peuvent avoir lieu, puisqu'il y a plus de 15 élèves inscrits dans les différentes écoles. L'initiative est bien accueillie par les professeurs et les étudiants qui y voient une manière "cool" d'étudier des sujets qui ont piqué leur curiosité.

On pourrait croire qu'il est difficile de maintenir un suivi avec 3 classes simultanées et à différents endroits. Pourtant, selon les intervenants du milieu scolaire, il semble que ça fonctionne très bien. Les professeurs donnant ces cours ont des écrans tactiles diffusant les images des deux autres classes, leur permettant de suivre ce qui s'y passe. de plus, dans chaque classe, il y a un "tuteur", un soutien pédagogique pour aider les élèves avec les devoirs, s'occuper de la discipline de la classe et répondre aux questions. Les élèves peuvent également poser des questions au professeur principal par le biais d'un un clavier. Le professeur peut même répondre à la personne qui pose la question en s'approchant virtuellement d'elle, grâce au zoom de sa caméra.

Il semble que les élèves adorent cette manière de faire, très originale il va sans dire, et le personnel scolaire est agréablement surpris de la "facilité" du fonctionnement des classes. Il faut dire que dès le départ, les administrateurs d'école ont voulu rendre les choses simples pour éviter de s'embourber dans des problèmes technologiques agaçants. La plupart des cours se déroulent dans les laboratoires d'informatique qui sont déjà équipés de matériel rendant possible l'implantation du dispositif.

L'expérience récente et satisfaisante de la région des Hamptons Roads se propagera-t-elle dans différents réseaux des "high school" (écoles secondaires, lycées) américains ? La Virginie aurait-elle trouvé le moyen de rendre des cours optionnels davantage disponibles de cette façon ? Les réactions très positives de tous les acteurs concernés semblent le confirmer.

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