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Au Burundi, un nouveau campus numérique ouvre ses portes. -

Par Louis-Martin Essono , le 24 juin 2001 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Quadriller l’Afrique, réduire le fossé numérique

Autrefois, il y a de cela moins de cinq ans, l’Afrique sub-saharienne dépendait du Bureau Afrique de Dakar. En 1996, cette dépendance s’est réduite avec l’ouverture du Bureau Afrique centrale de Yaoundé. Il faut se réjouir du fait que cette multiplication des campus numériques permet de rapprocher les étudiants, les chercheurs et les enseignants de l’information scientifique, cette information souvent très rare et très coûteuse, qu’on pense seulement au prix des livres.

L’ouverture d’un campus numérique favorise également la vulgarisation des Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) en favorisant la consultation des ouvrages, leur commande et l’égalité entre les chercheurs du Sud et ceux des autres pays de la Francophonie. En dehors des points Syfed qui accompagnent toujours les Campus numériques, les bénéficiaires locaux peuvent bénéficier sans difficulté de la formation de haut niveau qui se déroule à distance, comme le Dutice qui se déroule conjointement au Cameroun, à Dakar, à Genève, en Haïti, à Bruxelles, à Rabat et à Strasbourg. On se rappelle aussi de formations à distance comme l’entreprenariat, la télédétection et la télémédecine contenues dans les divers programmes de l’ Aupelf-uref, qui se déroulent à distance grâce aux structures que fournit le campus numérique de l’Aupelf-uref.

Enfin, le Burundi

L’installation locale et multiple de ce genre de campus vient ainsi compenser le manque d’infrastructures dans les pays d’accueil. En particulier, le Burundi qui, en raison d’un état de guerre, a connu des difficultés énormes pour se connecter au réseau. Dans ce pays, les chercheurs en netmeeting avec les autres chercheurs étaient souvent coupés à cause de la suspension de l’énergie électrique fréquente en situation de guerre.

Cette situation a conduit le campus à se brancher sur son propre groupe électrogène. Huit salles ont ainsi été équipées d’ordinateurs en réseau pour des formations tutoréees, du soutien à des formations en présentiel, de l’auto-formation... Les TIC y seront utilisées comme compléments à des formations universitaires, mais aussi à la formation continue auprès des cadres demandeurs d’une formation réactualisée.

Un comité national des TIC a également été créé dans ce pays; il regroupe les ministères ainsi que des acteurs privés et publics de l’économie. Avec l’implication de ces opérateurs, on assiste à un engagement responsable pour la formation des populations sevrées de l’école depuis longtemps. Si le campus de Bujumbura peut géographiquement se rapprocher des pays des Grands Lacs, il dépend, malgré une relative autonomie de Bureau de l’Afrique Centrale, de www.cm.refer.org à Yaoundé comme celui de Libreville ou de Ndjamena.

Une telle dissémination peut aussi favoriser la vulgarisation de la formation à distance pour laquelle cependant bien peu de pays montrent une réelle volonté d’implantation. Bujumbura compte pourtant parmi les pays où l’Institut de Pédagogie fournit de bons produits. Il reste à l’Aupelf de dissiper l’impression qu’ont les intellectuels africains pour qui l’Aupelf n’est pas chez eux un observatoire innocent.

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