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ADEA : Deux Africains aux commandes. Un grand espoir pour la Fàd en Afrique

Par Louis-Martin Essono , le 19 juillet 2001 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

L’ADEA : une Association africaine bien peu connue en Afrique

Pendant que l’on déplore l’insuffisance, en Afrique, des fondements élémentaires de l’éducation de base, la communauté internationale s’efforce, elle, de venir en aide aux populations scolaires des pays africains pour relever leur niveau d’instruction, endiguer l’ignorance la pauvreté et les maux qui s’en suivent.

Avec l’ Unesco au plan scolaire et, au plan social, l’ Unicef, l’Association pour le Développement de l’Éducation en Afrique, ADEA peut, à juste titre, se présenter comme un organe de solidarité des Gouvernements africains travaillant sur le terrain pour améliorer la situation de l’Éducation en Afrique.

L’ ADEA regroupe tous les ministres de l’Éducation de l’Afrique au Sud du Sahara ; elle reçoit aussi l’appui des plus importantes agences mondiales de financement et de développement. Le siège est basé à l’Institut International de Planification et d’Éducation à Paris. Née en 1989 sur l’initiative de la Banque Mondiale qui anime déjà, elle-même un organisme chargé de l’Enseignement à distance, l’ADEA opère

grâce à onze groupes de travail (GT) créés pour s’occuper, chacun, d’un aspect particulier de l’éducation [à l’exemple]de l’Enseignement Supérieur, l’Éducation non formelle, etc.

La profession enseignante, les statistiques de l’éducation, la participation féminine et l’enseignement à distance relèvent aussi du champ de compétence de l’ADEA. Enseignement à distance et ADEA : une mission attendue sur le terrain

Il est heureux d’observer que, des onze GT ainsi constitués, seul le Groupe de Travail sur

l’Enseignement à Distance et l’Apprentissage Libre

est entièrement piloté par un pays, en l’occurrence, l’Île Maurice, alors que les autres GT sont coordonnés par des Agences de Développement.

L’un des objectifs de ce GT vise, depuis sa création en 1999, à conduire l’Afrique vers les méthodologies de la quatrième génération et à mettre en place des stratégies visibles et efficaces sur l’enseignement à distance et l’apprentissage libre pour en faire un véritable agent de changement, compte tenu du potentiel pédagogique de la méthodologie offerte par l’EAD.

Cette mission signifie un état des lieux à établir, des bilans critiques et constructifs à dresser, des propositions à émettre et à soumettre, et , enfin, des actions effectives à entreprendre à travers le continent. De telles actions éviteraient de prendre l’ADEA pour un gouffre à sous de plus sans prise directe sur la vie quotidienne des populations pour lesquelles les rapports, en conférences institutionnelles, n’ont, ni aucun sens, ni aucune emprise.

D’où vient-il que, près de quinze années après sa création, l’Association n’ait aucune résonance sociale au Tchad, en RCA, au Gabon ou en Guinée ? D’où vient-il que, tant de temps après, la fàd en Afrique en soit encore à balbutier, à recevoir des perfusions de tous genres ? Pourquoi donc une si longue léthargie ? L’Afrique des villages est-elle si réfractaire à la formation à distance ? Sont-ce les méthodes et les politiques qui sont peu convenables ? Le terrain est-il si glissant ? Que se dit-on dans les grand-messes ?

GT s’est d’ailleurs fixé un chronogramme d’activités fort chargé et s’échelonnant de mai 1999 à juillet 2001. De nombreux pays africains regrettent de n’avoir jamais été touchés par les enquêtes lancées par le GT qui leur auraient permis d’avoir une vision synoptique et crédible de la réalité concrète de la formation à distance. Des objectifs clairs et précis certes, mais des vœux pieux ?

On sait pourtant que le GT a établi des objectifs spécifiques très clairs et mis en œuvre des fonctions précises pour les atteindre. On cite, comme objectifs, la nécessité de

  • créer un environnement socio éducatif où les méthodologies et l’expertise en EAD trouvent la place qui leur revient dans le processus d’amélioration de l’éducation en Afrique ;
  • promouvoir et valoriser le professionnalisme et l’expertise locale dans les diverses spécialités de l’EAD ;
  • promouvoir les travaux de recherche ou d’analyse dans le domaine de l’EAD et l’apprentissage libre afin de mettre en place une base scientifique pour pourvoir aux besoins en EAD .

On, on attend, on attend…

Si la commission chargée de diriger le GT en EAD a fait du chemin, les pays concernés attendent les résultats car peu d’entre eux, malgré leur autonomie et leur souveraineté en matière d’éducation, continuent désespérément de geindre pour solliciter de l’aide. Il y a donc lieu de se demander ce à quoi aura servi cette ruche fort coûteuse qui publie difficilement ses résultats.

Le départ de Sissel Volan et celui de Richard Sack, personnels appréciés, apportera sans doute un changement au sein de l’ADEA. Deux Africains vont faire leur entrée au Comité Directeur. Il s’agit du Togolais Ahlin Byll-Cataria de l’Agence suisse pour le Développement et la Coopération, nommé au poste de Président et du Sénégalais Mamadou Ndoye, ancien ministre de l’Enseignement de Base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, nommé Secrétaire Exécutif.

Leur arrivée redonne espoir à l’Afrique, car ils doivent imprimer un souffle nouveau aux pays africains pour atteindre les objectifs de l’ADEA et, singulièrement, ceux du GT chargé de la Fàd. La solidarité entre les pays, les activités des Associations de fàd, à l’exemple de l’Assafad, la naissance, l’entretien et, surtout, la vitalité des politiques nationales des pays africains en formation à distance, l’expertise de moins en moins exploitée et de plus en plus vieillissante sont, entre autres, des maux à soigner au plus vite, tant l’ouvrage reste immense.

De plus, si le ver est dans le fruit, telle

l’informalité structurée

qui gêne l’ensemble des pays membres, il reste à exorciser ces péchés qui enrhument l’Association pour rénover l’Afrique et l’amener à intégrer définitivement et cohésivement les méthodologies de la fàd. Le GT sur la fàd revitalisera ce mode d’enseignement en l’injectant, avec cohérence, et institutionnellement, dans chaque pays membres. Ainsi viendra l’autonomie et la fin de la dépendance. Voici donc deux hommes du terroir, si l’on peut dire, qui devront curer l’édifice dès la rencontre prévue cette année. Et puis, dit-on, on n’est jamais bien servi que par soi-même

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