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Les réseaux sociaux numériques vus comme des classes alternatives***

Par Christine Vaufrey B , le 07 septembre 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 22 octobre 2008

Innovate Online propose, dans sa livraison d’août - septembre 2008, un article intitulé « Why professor Jonnhy can’t read : understand the Net generation’s texts », dans lequel ses auteurs militent pour une meilleure compréhension des processus d’appropriation et de production du savoir par les jeunes générations.

Ces dernières sont désignées par l’expression Net gen, équivalent des Digital Natives, c’est à dire les jeunes qui ont grandi avec Internet et les outils numériques. Ceux que nous côtoyons quotidiennement dans nos familles, écoles, universités, univers de travail. Peut-être êtes-vous, vous-même, un membre de la Net gen ?

Selon Marc Mabrito et Rebecca Medley, auteurs de l’article, les universités doivent d’urgence revoir leurs modèles pédagogiques, de manière à mieux atteindre les jeunes qui ont construit, dans un univers où les TIC sont omniprésentes, des modèles d’apprentissage fort différents de ceux de leurs aînés.

En effet, il est attesté que l’environnement influe considérablement sur les modes d’apprentissage et de construction de la connaissance. Or, l’environnement des membres de la Net Gen n’est pas celui des enseignants, et leurs usages non plus D’où une incompréhension manifeste entre ces deux groupes.

Quelles sont les principales différences entre ces deux univers ?

  • La plupart des enseignants considèrent l’apprentissage comme une activité individuelle, alors que les jeunes privilégient l’interaction et la construction collective du sens ;
  • La plupart des enseignants considèrent le texte comme un objet linéaire et aux frontières définies, alors que les jeunes produisent volontiers des ressources hybrides (texte, vidéo, son, image) et aux frontières floues, puisqu’ils autorisent leur audience à commenter, modifier, taguer leurs productions ;
  • La plupart des enseignants considèrent la connaissance comme un ensemble de savoirs stabilisés et organisés en disciplines, alors que les jeunes la considèrent comme une dynamique trans et interdisciplinaire, en construction permanente.

Il y a donc opposition entre un univers du savoir statique et « mono-média » (texte, image : un seul médium à la fois), et un univers dynamique et multimédia, hybride.

Prenant acte de cette différence fondamentale, les auteurs suggèrent aux enseignants de fréquenter les mêmes espaces numériques que leurs étudiants, ceux-là même où se forgent les nouvelles perceptions et les nouveaux modes de production de la connaissance. Mais attention : il ne s’agit pas d’y aller seulement « pour voir », et fort de la pertinence de ses modèles. Les auteurs insistent sur la nécessité absolue, pour les enseignants, de se mettre en position d’apprenants, de fréquenter My Space, Flickr et You Tube dans un esprit de partage et de découverte, avec l’espoir de mieux comprendre, par l’expérience, ce qui s’y passe et comment ces espaces constituent désormais des lieux d’apprentissage alternatifs et massivement plébiscités par les jeunes qui les créent.

Why professor Jonnhy can’t read : understand the Net generation’s texts. Accès à l’article complet après inscription gratuite sur le site.

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