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L’éducation par les technologies de communication en Afrique : au point mort.

Par Louis-Martin Essono , le 06 octobre 2003 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

La dernière rencontre sur la formation à distance de Yaoundé a eu le mérite de proposer des solutions et des recommandations susceptibles de développer l’EAD dans ce pays. On sait aussi que les recommandations demeurent longtemps enfermées dans les tiroirs. Le problème réel qui retient cependant l’attention concerne les moyens quelques fois demandés pour tenter des ébauches de réponse.

Aujourd’hui, il n’est plus, dans les grandes villes africaines, de quartiers qui n’abrite de cybercafé, de télécentres ou de point où la population, scolarisée ou non, peut utiliser les technologies désormais au service du citoyen. Tous les domaines fleurissent dans ces lieux : le commerce, l’administration, le courriel, etc. Demeurent dans la tourmente de l’oubli la santé et l’éducation.

Pourtant, l’éducation, globalement entendue comme l’ensemble des champs relatifs à la scolarisation, à l’instruction, à l’alphabétisation, jouit à peine d’un quelque statut dans ces centres. Il y a bien pire; les radios de proximité, connectées au satellite et à Internet, émettant en FM (la modulation de Fréquence) consacrent 24 heures sur 24, la plupart de leurs émissions au sport, à la politique, au divertissement.

Rares sont les stations de radio qui prennent du temps pour des "cours par la radio". Il en est de même de toutes ces télévisions qui ont fait preuve de prouesses techniques et technologiques que l’on peut mettre à contribution pour éradiquer à peu de frais l’analphabétisme. On peut estimer, sans risque de se tromper, qu’en dehors des radios rurales et des radios thématiques beaucoup trop générales, on recense une portion vraiement congrue de stations qui s’intéresse à l’enseignement par la radio et par la télévision en Afrique francophone.

Les sites collectés dans dmoz proposent de nombreux portails anglophones. Pour l’Afrique francophone, des projets seuls constellent le réseau et pratiquement rien n’émane du Sud. Même la télévision, qui attire de plus en plus de jeunes désoeuvrés, n’offre rien aux analphabètes, en dehors de quelques cas bien rares comme LC2 une chaîne privée du Bénin et l’ ORTB la chaîne nationale béninoise dans lesquels il faut encore chercher bien longtemps pour trouver le programme d’enseignement.

On peut aussi prétendre que les sites éducatifs internationaux renforcent l’action éducative dans chaque pays. Cet argument confirme que les Africains eux-mêmes demeurent passifs, les solutions étant issues de l’extérieur. L’autre argument relatif au manque d’infrastructure tombe lui aussi car, la somme des radios urbaines et le nombre d’analphabètes étant élévé dans ces villes, l’action des radios et des TV pourrait être immensément bénéfique pour la cible urbaine des enfants abandonnés et désireux "d’apprendre l’école".

Il faut des formateurs, cela va de soi, il faut aussi des concepteurs, des collaborateurs des ministères pour orienter le travail en fonction des programmes scolaires.

Si au moins une action était entreprise !!! Les partenariats avec le Nord sont fructueux quand ils reposent sur une base féconde. Tout est aride au contraire et l’Afrique continue de se prendre pour un receptacle qui accueille tout.

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