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Des cours par vidéocommunication: quelle est la perception des étudiants ?

Par Alexandre Roberge , le 08 septembre 2009 | Dernière mise à jour de l'article le 09 septembre 2009

L'action se passe à Montréal, métropole québécoise. Une trentaine d'étudiants s'installent dans une classe avec un grand écran blanc qui orne l'avant de la classe. On papote, on discute de la fin de semaine dernière, du projet à remettre dans un cours x, etc. Puis, l'écran s'allume et le professeur apparaît, saluant ses élèves et s'apprêtant à commencer le cours. Pourquoi n'est-il pas en classe ? Tout simplement parce qu'il vit et travaille à Québec, la capitale, qui se trouve à environ 2h30 de voiture de là.

La vidéocommunication est utilisée en éducation au Canada depuis plus de dix ans. Cette utilisation est pratique pour un pays aussi vaste, permettant ainsi de rejoindre des villes très éloignées l'une de l'autre. Pratique surtout pour le professeur qui n'a pas besoin de sans cesse se déplacer. Cependant, peu d'études canadiennes ont été faites sur la perception des étudiants face à ce type de cours. Comment évaluent-ils l'efficacité de ce type de communication qui nécessite autant les yeux et les oreilles, mais sans la présence physique ?

C'est sur ce sujet que s'est penché l'étude de Patrick Giroux et Lise Lachance publiée dans la Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire. Les deux chercheurs  du département des sciences de l'éducation et de psychologie de l'UQAC (Université du Québec à Chicoutimi) ont voulu évaluer l'échelle de perception et du sentiment d'auto-efficacité en vidéocommunication (ÉPAV).

Pourquoi s'intéresser au sentiment d'auto-efficacité dans ce type de communication ? Parce que celui-ci implique plusieurs éléments comme des processus cognitifs, émotionnels et motivationnels qui sont essentiels dans le processus d'apprentissage. L'intérêt étant donc de savoir comment se manifeste ce sentiment chez des étudiants ayant un cours par vidéocommunication. Est-il fort ou faible ?

Pour mener leur étude, les chercheurs ont sélectionné des étudiants de premier cycle universitaire ayant un cours en vidéocommunication avec un professeur géographiquement éloigné. Les cours se déroulaient dans une salle prévenue à cet effet avec une bonne qualité vidéo et sonore. Pour évaluer l'ÉPAV, les deux chercheurs ont utilisé un questionnaire, entre la septième et la douzième semaine du cours, contenant 19 affirmations que les étudiants devaient évaluer selon leur perception de l'affirmation sur une échelle de 1 à 7. Les étudiants devaient répondre à deux questionnaires dans un intervalle d'environ 14 jours. Près de 150 étudiants ont répondu aux deux questionnaires.

Les conclusions maintenant. Il semble que la perception d'auto-efficacité en vidéocommunication soit bel et bien forte, que les étudiants perçoivent bien la communication même si elle n'est pas physique. La plupart d'entre eux se sont montrés capables de trouver des stratégies pour réussir le cours et la plupart d'entre eux considèrent qu'il s'agit là d'un outil très pertinent dans une formation universitaire. Les seuls bémols sont au niveau de la "maîtrise" ou de la compréhension de la technologie. La plupart des répondants ont répondu qu'ils ne seraient pas en mesure d'expliquer le fonctionnement général du procédé et plusieurs sentent qu'ils n'ont pas les compétences pour utiliser la technologie lors d'un exposé oral, par exemple. Les chercheurs proposent donc peut-être une petite formation aux étudiants pour qu'ils comprennent le procédé (ou une formation aux professeurs pour qu'ils puissent expliquer le procédé à leurs élèves).

Une étude qui est très encourageante pour l'avenir de la vidéocommunication dans les établissements universitaires. Pour en savoir plus sur l'étude, on vous invite à la lire à cette adresse.

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