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L’Afrique en logiciels libres : chance, dépotoir ou champ d’expérimentation ?

Par Louis-Martin Essono , le 14 février 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Une bataille de longue haleine

A la fin de la rencontre de Bamako2000, la plupart des ateliers, principalement l’atelier n°7 consacré à la recherche et à l’enseignement, spécifiait dans ses recommandations, que l’Afrique puisse utiliser les logiciels libres pour favoriser et vulgariser les Nouvelles technologies dans les domaines de la recherche et de l’enseignement. Des propositions sous-tendaient la diminution des coûts des appareils et des logiciels commerciaux qui étranglaient ou qui étranglent les Africains en achetant des produits dont quelques pays, le Cameroun en l’occurrence, a exonéré les droits fiscaux.

Coïncidence heureuse, parmi les organismes qui luttent pour favoriser ces nouvelles technologies en Afrique, on rencontre cette semaine, la lettre qui, sous la plume d’A.R-Demont, aborde le problème des logiciels libres en pédagogue. Il y expose ainsi l’enjeu : "Les différents acteurs impliqués dans la promotion des NTIC dans les pays en développement et dans les milieux défavorisés, élaborent des projets de création de cybercentre, télécentre ou autre, permettant à la fois de répondre à un besoin de connexion Internet, de dispenser des formations et d’offrir des outils bureautiques. Ils se trouvent alors placés face devant un choix loin d’être simple et sans enjeu : utiliser dans leur projet des logiciels gratuits ou bien des logiciels payants."

L’Afrique qui reçoit les logiciels libres ne doit pas les considérer comme une panacée. Ce type de logiciel n’est qu’un moyen "de s’affranchir de la pesante attention des firmes occidentales et d’obtenir ce qui ne viendra jamais du nord : des outils et des usages répondant aux spécificités culturelles du Sud". Dans ce texte, l’auteur définit la gratuité du logiciel libre et en dresse la typologie. Ce qu’au Sud, nous ignorons souvent quand nous ne sommes que des consommateurs gourmands et paresseux. Mis à part les pécialistes conscients. S’installe la dépendance qui crée chaque jour le besoin sollicité d’ailleurs.

R-Demont, qui donne les statistiques des logiciels utilisés dans l’Internet: sur un total de plus de 32 millions de sites (recensés pour l’étude), 60% des sites Web tournent avec Apache, un logiciel libre. 30% avec un serveur web Microsoft. 50% des machines avec un Système Microsoft et 30% avec Linux conclut que

la gratuité du logiciel s’accompagne d’une fiabilité incontestable. On ne peut pas imaginer que ces entreprises utilisent des logiciels libres sans y trouver leur compte en terme de productivité et de coût d’utilisation. Mais ces entreprises bénéficient d’informaticiens expérimentés, qui contrebalancent le reproche souvent fait aux logiciels libres, leur complexité de mise en oeuvre.

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D’où la formation d’une masse critique apte à procéder à l’installation et à la maintenance, voire à la création des logiciels libres. Il distille l’information selon laquelle la gratuité du logiciel diffère de l’obtention gratuité du logiciel. On ne confondra pas non plus, comme on le fait souvent, gratuité du logiciel et piratage. Aussi cherchera-t-on par quel moyen promouvoir les NTIC en Afrique en utilisant les Logiciels libres. Une partie assez profonde de cette réflexion mérite lecture dans la lettre de décembre.

Au-delà, parler des logiciels libres en Afrique signifie pour beaucoup piratage des logiciels commerciaux ou publicitaires. On ne voit aussi que linux dont il existe par ailleurs un club Linux Passion alors qu’il existe des forums sur les logiciels libres. L’afrique a même créé, heureusement, le site Afrilinux pour mettre au clair tous ces concepts.

Tout cette bataille pour éviter que notre continent ne serve de dépotoir ou de champ d’expirementation à partir desquel les locaux ne comprendront rien. Les Logiciels Libres pourront nous servir pour notre développement endogène, avec nos sensibilités, nos objectifs, nos ambitions, à parti d’une technique universelle. La formation et la coopération en sont les moyens.

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