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Parcours individuels, grands groupes et économie d’échelle

Affronter la complexité avec aisance

Par Denys Lamontagne , le 21 mai 2002 | Dernière mise à jour de l'article le 20 octobre 2015

La construction du système éducatif s’est élaborée sur des fondements simples : «De combien d’élèves un professeur pouvait-il s’occuper à la fois avec succès ?» est la question à laquelle, une fois répondue, se greffe presque tout le reste.

Cela peut paraître trop simple, mais la question économique revient toujours rapidement en éducation. Le professeur était et est toujours le principal coût du système éducatif.

Afin d’optimiser les investissements en locaux et en équipements à mesure que ceux-ci augmentaient, un système administratif s’est développé en écoles de 20, 50 et même 200 classes ou groupes, accompagnés des services afférents. On peut ainsi obtenir des économies d’échelle appréciables en regroupant les professeurs, ce qui contribue également à l’enrichissement du milieu éducatif. Bien sur, les méthodes pédagogiques mises en action peuvent changer bien des choses, en restant quand même à l’intérieur des paramètres précités.

Aujourd’hui Internet et l’apprentissage en réseau ouvrent tout un champ de possibilités mais se butent aussi sur le premier paramètre «De combien d’élèves un prof peut-il s’occuper efficacement ?»; ... Des parcours individualisés ne sont guère réalisables à trente élèves pour un prof à moins de changer le rôle des élèves et du professeur. Des milliers de sources de contenu, d’intérèts, de projets et de motivations ne peuvent pas être vraisemblablement organisées dans le cadre actuel ni assumées par le seul professeur pour tout le groupe.

Complexité

La complexité peut-être ramenée à quelques règles dynamiques (conditions) de base beaucoup plus pratiques pour expliquer et transformer des systèmes complexes. Pour vous en convaincre, frottez-vous un peu à Stephen Wolfram « A new kind of science» et essayez également un exemple d’automate cellulaire : « The game of life»

Si ici nous considérons qu’un élève, au lieu d’être un élément passif et irresponsable en ce qui concerne son orientation et son action (chacun doit suivre le programme), devient un acteur, avec des possibilités et des choix, et qu’il travaille à la poursuite d’une finalité avec laquelle il a à voir, alors la limite du paramètre «De combien d’élèves un prof...» peut être totalement changée. La taille du groupe ne constituant plus un poids ou un facteur limitatif (ex.:1 minute d’attention personnelle du prof par élève par heure ) et au contraire cette taille devient-elle celle du bassin d’interactions auto-organisées dans lequel l’apprentissage individuel peut prendre place.

Un professeur peut dès lors avoir deux, douze, deux cents ou quelques milliers d’élèves, selon la responsabilité assumée par les étudiants et l’organisation qui supporte le groupe et le prof.

Bref, la complexité peut s’aménager de bien des façons, mais pour la transformer dans un sens désiré, sans l’alourdir ni l’handicaper, les règles dynamiques qui régissent ses acteurs seront visées. On parle ici des forces vitales qui animent une complexité dynamique. Et ces règles sont nécessairement simples, la complexité n’étant que le résultat. Essayer de transformer un résultat est plus complexe que de transformer les règles qui le régissent; la complexité n’est pas chaotique.

Illustration : hxdyl - ShutterStock

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