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Les technologies en réseau vues du Sud aux Journées Resafad 2003

Par Martine Jaudeau , le 03 juin 2003 | Dernière mise à jour de l'article le 12 décembre 2008

Le séminaire RESAFAD 2003 "Usages des réseaux pour l’éducation en Afrique" s’est tenu en mai dernier à l’Unesco à Paris. Quatre ateliers thématiques présentant des études de cas se sont succédés durant les deux jours. Voici des extraits choisis des ateliers "Personnes ressources TIC" et "Enseignement supérieur" de l’événement :

Jacques Guidon, coordinateur du Resafad, a pointé vers les besoins de formation de formateurs au Sud :

Les besoins du premier type sont ceux de formations d’expertise de haut niveau sur des sujets nouveaux et pointus (sécurité des réseaux, sur le futur de IP et l’évolution vers IPV6, sur les réseaux sans fil et leur déploiement), ou encore des formations adaptées à une commande spécifique : la migration d’un grand réseau opérationnel à l’échelle régionale vers les logiciels libres.

Les attentes du second type sont celles de formation vers les domaines applicatifs des réseaux et du Web. Il en va ainsi des formations proposées autour des bibliothécaires et documentalistes (recherche d’informations sur le Web, catalogage et indexation des documents, cf FORCIIR), celles qui concernent l’édition électronique et plus généralement les environnements de production de documents numérisés (cf CyberThèses/Cyberdocuments), celles enfin qui visent à l’intégration et à l’usage des TIC pour l’enseignement et la formation (cf formation TICE RESAFAD/INTIF) pour se limiter à ce qui touche à nos champs d’intérêt. Nous entrons dans le processus d’enseigner et apprendre avec les technologies.

Sven Callebau a présenté un exemple de cycle de formation à distance dans le cadre du projet TRAINFORTRADE /CNUCED de renforcement des capacités de formation au commerce international pour le Bénin, le Burkina Faso et le Mali.

Ce cycle de formation à distance dans trois pays les moins avancés montre qu’il existe des alternatives aux formations traditionnelles. Il n’est pas nécessaire d’attendre que les pays aient des infrastructures de télécommunication très élaborées, une simple ligne téléphonique reliée à un distributeur Internet local permet de faire des formations de qualité. Il est possible de renouveler cette opération sur d’autres pays et dans d’autres langues, moyennant les adaptations aux spécificités locales qui s’imposent. Ce dispositif et la méthodologie TrainForTrade de développement de cours est parfaitement modulable et adaptable à d’autres sujets et à d’autres populations cibles.

Abdourahmane Mbengue a présenté le Campus Numérique Francophone de Dakar, un rôle de plate-forme technologique :

Le collège dit «coopération» au sein du Conseil national d’orientation du CNFD réunit les représentants des principales structures impliquées dans l’enseignement à distance au Sénégal. Désormais, le CNFD opère comme un espace de dialogue et d’échanges d’expériences sur l’enseignement à distance avec l’objectif de partager et d’enrichir la réflexion sur la question. Le futur est à développer une logique de coopération intégrée, mettre en place un consortium spécialisé dans la formation de formateurs à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication qui réunirait les acteurs du domaine (Ecoles normales supérieures, UVA, CED, RESAFAD, UNESCO, ADEA, coopérations bilatérales et multilatérales, ministère en charge de l’enseignement supérieur, etc.). Il est illusoire de penser pouvoir déployer des formations à distance dans les pays en voie de développement sans s’appuyer sur un dispositif technique et administratif relativement lourd. Compte tenu des coûts que cela implique, il est donc urgent de développer la coopération en la matière de manière à créer des synergies et à optimiser l’utilisation des ressources injectées par les uns et par les autres plutôt que de continuer à multiplier les initiatives parallèles voire concurrentes.

Etienne Doyigbe, élève du DESS-UTICEF partageait son expérience avec les participants :

Le contenu du DESS-UTICEF comprend :

  • l’initiation à l’ACOLAD, plate-forme qui assure la formation à distance. C’est un logiciel conçu par l’Université Louis Pasteur
  • l’initiation au TCAO, le Travail Collaboratif Assisté par l’Ordinateur
  • la présentation du projet personnel de l’étudiant.
L’environnement socio-culturel dans mon pays (Bénin) n’est pas souvent favorable à la formation à un certain âge. Très peu de gens acceptent de se former à un pas de la cinquantaine. A mon âge, je devrais m’occuper de ma carrière, et non de ma formation. Seules la perspective de mon propre développement professionnel et la foi en ce que je pourrais gagner de cette formation (une spécialité encore rare sur le marché béninois) me font tenir bon et espérer pendant mes heures de doute.

Jacques Wallet, du Resafad, dans la synthèse des travaux des deux journées, a pointé vers les perspectives d’avenir :

les bonnes pratiques et études de cas évaluées au Sud sont elles généralisables ? Il s’agit de dégager les «bonnes théories» qui aideront à franchir les sauts technologiques. Mutualiser les recherches et les actions semble la clé.

Un bel exemple : le projet ARCHES d’harmonisation des enseignements secondaires  des pays francophones d’Afrique et de l’Océan indien, dont la formation "Pratiques expérimentales en sciences de la vie et de la terre" est issue.

Le Colloque Resafad a donné lieu à des Actes publiés par le ministère des Affaires étrangères.

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