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Google, champion de la recherche sur le web… Pour combien de temps ?

Par Christine Vaufrey B , le 03 novembre 2008

Pourquoi Google a t-il si peu changé au fil des années ? Est-il prêt à affronter les nouvelles exigences des usagers du web ? A quoi ressemblera la recherche d’information sur le web dans les années à venir ? Voici les questions auxquelles Jean Véronis, spécialiste des Technologies du langage, tente de répondre dans l’article intitulé « Y a t-il un web après Google ? » publié sur le blog Dream orange.

Google jouit incontestablement d’une situation de quasi-monopole dans le monde fermé des moteurs de recherche généralistes. Et tous ceux qui tentent de percer sur ce marché le recopient, peu ou prou. Cela ne laisse pas d’étonner J. Véronis qui, s’il reconnaît les remarquables performances de Google (son temps de réponse à une requête demeure le plus rapide aujourd’hui), pointe aussi quelques faiblesses chez ce géant du web. Bien que Google se décline aujourd’hui en de multiples produits et moteurs spécialisés, il a construit sa popularité sur son moteur généraliste, qui présente les résultats de la même façon depuis 10 ans. Or, un moteur de recherche généraliste répond imparfaitement aux demandes d’information des utilisateurs du nouveau Web, autrement dit le Web 2.0 : « A l’époque du « Web 1.0 », l’information était de type « push », c’est-à-dire que, pré-formatée et statique, elle était « poussée » vers les utilisateurs sous la même forme pour chacun d’eux. Dans le « Web 2.0 », une grande partie de l’information est devenue de type « pull », c’est-à-dire que chaque utilisateur va « tirer » lui-même l’information qui l’intéresse des sources appropriées, en s’abonnant par exemple à des flux RSS. (…) Dans un tel contexte, il ne s’agit plus tant d’aller chercher de l’information que de filtrer celle qui arrive, ou demander qu’elle arrive de façon structurée, « pré-digérée ». »

Or, qui mieux que ceux en qui j’ai confiance, est capable de « pré-digérer » l’information et de me la recommander ? Selon J. Véronis, les réseaux sociaux du web montrent le chemin à suivre pour la recherche d’information d’un nouveau type : dans les communautés d’utilisateurs partageant les mêmes centres d’intérêt, les personnes effectuent des sélections de liens, posent des tags, envoient des recommandations… et se constituent ainsi des bases de données et d’informations hautement personnalisées. La recommandation personnelle devient l’ultime référence et provoque mon accès à la ressource, bien plus que les pages de résultats proposées par les moteurs de recherche généralistes.

Mais le retour à la recommandation personnelle n’est pas la seule voie à explorer par les moteurs. Ces derniers devront également s’adapter à de nouvelles façons d’accéder au web, notamment via les téléphones portables. Ce qui exclut, de fait, les interminables listes de résultats, puisqu’on imagine mal un utilisateur consulter des centaines d’écrans sur son téléphone avant de trouver l’information qui lui convient. De plus, il y a fort à parier qu’un tel utilisateur souhaite accéder à des informations localisées, lorsqu’il effectue une recherche dans la rue… La géolocalisation des données devient alors un enjeu crucial pour mesurer la performance des moteurs.

Google sera t-il capable de relever ces défis ? Ou des challengers trouveront-ils enfin leur place ? J. Véronis redoute que la supériorité écrasante de Google ne fasse de l’ombre aux nouveaux venus et les empêche de se développer, comme ce fut le cas avec Microsoft et les systèmes d’exploitation et les outils de bureautique, par exemple. Il nous met en garde contre une hégémonie « googlelienne », qui concentrerait en très peu de mains l’essentiel des informations concernant les utilisateurs du web. Cette raison à elle seule justifie le fait d’aller voir ce qui se passe du côté des moteurs de recherche alternatifs.

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