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Amateurs et pros, initiés et diplômés... repères de la certification

Par Denys Lamontagne , le 05 avril 2011 | Dernière mise à jour de l'article le 19 mai 2012

Une connaissance auto-suffisante

Celui qui apprend pour la connaissance, pour ses besoins propres, peut penser qu’il n’a pas besoin de certification externe; il saura en principe vérifier lui-même s’il a atteint ses objectifs.

Pourtant ces individus seront éventuellement sensibles à une reconnaissance publique plus ou moins étendue dans leur milieu ou à l’extérieur de celui-ci.  En effet, des statuts comme amateur éclairé, fan, connaisseur, consommateur, passionné, compétiteur, etc.  reflètent différentes motivations d’apprendre des individus qui en apparence ne s’intéressent pas à une certification officielle.

Par exemple, le statut de «spécialiste» ou d’«expert reconnu» peut représenter une fierté et certains avantages. Même des reconnaissances simples comme «a complété avec succès» satisferont des personnes qui se sont engagés dans une démarche avec une volonté de réussir envers et contre tous et qui pourront prouver leur succès. Dans tous les cas, cette reconnaissance se gagne par un accomplissement observable par autrui, même s’il est «non-officiel».

Reconnaissance des pairs et reconnaissance objective

La popularité des palmarès de contributeurs (comme dans Wikipédia - Palmarès, où les 14 premiers ont plus de 100,000 entrées en français) est une façon objective de reconnaître publiquement l’engagement. Le nombre de «retweets», d’amis, d’appréciations, qui sont autant d’éléments objectifs, peuvent satisfaire ou au contraire inquiéter les auteurs s'ils sont insuffisants.

Les grands sites publics savent qu’un contributeur officiellement reconnu demeurera plus fidèle et s’impliquera d’avantage.  À quel degré une reconnaissance méritée remplit ce rôle varie d’une personne à l’autre, mais elle le remplit assurément.

Les responsables des ressources humaines savent aussi qu’un simple de retour d’expérience ou attention portée aux efforts augmentent l’implication et l’appréciation des apprenants (voir la section «Suivi et évaluation» de ce sondage). Il s’agit d’une reconnaissance officieuse et objective; rien de plus et pourtant ses effets sont appréciables.

Reconnaissance officielle de standards

Dans un contexte social, le besoin de certification n’est souvent pas tant celui de l’individu que celui des institutions et des systèmes qui établissent des seuils d’entrée et des filtres pour peu que leurs opérations deviennent plus complexes.

Les certifications Voltaire en orthographe ou B2i / C2i dans le maniement des outils informatiques, des diplômes officiels de base tels le bac, le diplôme d’études secondaires, l’épreuve uniforme de français et même des certifications MicrosoftOraclePMI (Gestion de projet) et de d’autres compagnies remplissent toutes la même fonction : assurer avec plus ou moins de précision que des standards sont atteints et respectés.

Ces certifications reconnaissent la valeur de celui qui l’obtient aux yeux des autres et cette valeur dépend essentiellement de la rigueur et de la réputation de ceux qui émettent cette reconnaissance.  Elle peut-être objective (capacité de produire des résultats) ou subjective (conformité à un canon de convictions).  Il ne s’agit pas de reconnaissance par les pairs mais d’une reconnaissance par des gardiens d’une orthodoxie (conduite droite).

En pratique, on ne peut pas demander à un groupe étendu et changeant d’évaluer avec constance selon les critères précis d’un organisme sous charte. La préservation de la mission et des valeurs est l’affaire des gens loyaux à la mission.  D’où la différence fondamentale entre les évaluations objectives d’après les capacités et celles plus subjectives des «capacités au service de..».  Ces dernières impliquent une subjectivité en contexte et ont généralement beaucoup plus de valeur.  Le défi pour la certification officielle massive est donc toujours une affaire de rigueur et de contrôle. Pearson l'a bien compris en lançant UExcel.

Mais même si cette certification par l’institution est celle recherchée par le candidat, il est courant de la faire reconnaître publiquement.  Autant les certifications officielles que les autres peuvent jouer ces jeux de reconnaissances à différents niveaux. On peut reconnaître des collaborateurs occasionnels comme des gens loyaux aux buts d’un organismes autant que reconnaître des élèves ordinaires comme «remarquables» dans certains domaines. 

Les besoins de reconnaissance et de certification sont variés et remplissent plusieurs fonctions, La valeur de la certification dépend autant du soin apporté au choix des critères et à la rigueur de leur application qu’à son «branding» qui en feront une valeur de prestige reconnue. Et si les pairs ne peuvent pas évaluer les candidats avec satisfaction, ils évalueront d'une façon ou d'une autre l’institution qui émet la certification.

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