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Les utilisateurs en quête de qualité en e-formation

Par Alexandre Roberge , le 30 octobre 2008 | Dernière mise à jour de l'article le 03 novembre 2008

On le sait : rien n'est parfait en ce monde et tout est perfectible. Cette réflexion pragmatique pourrait bien s'appliquer à l'e-learning (l'e-formation), particulièrement après la lecture d'une étude de l'European Quality Observatory (EQO) datant de 2006, mais mise en ligne tout récemment. En effet, il semble qu'il y ait une caractéristique qui doit être améliorée : la qualité de l'e-formation.

Tout d'abord, parlons brièvement de la méthodologie utilisée par l'EQO : l'étude a décidé de sonder tous les publics-cibles de l'e-formation, autant les fournisseurs que les utilisateurs. Ces publics ont été divisés en 3 sous-divisions : les décideurs (dans le cas des fournisseurs, ce peut être aussi les décideurs politiques), les opérateurs (auteurs, concepteurs multimédia, etc. (fournisseurs) / enseignants, tuteurs, etc. (utilisateurs)) et les apprenants. Le sondage pan européen était offert sur la page Internet de l'EQO et ils ont fait des envois courriel à des membres de l’industrie et des utilisateurs ainsi que des publicités pour attirer la participation au sondage. Sur l'échantillon de répondants (qu'on évalue à près de 1800 répondants), beaucoup provenaient d'Allemagne (21%) et de Grèce (15%).  Ce sont surtout, également, des gens dans des établissements d'enseignement supérieur (28%) et des entreprises (22%) qui ont répondu au sondage.

On se rend compte en lisant l'étude que c'est la qualité qui est l'élément principal, selon les répondants, pour dire que la e-formation est efficace. Pour la moitié des répondants, la qualité en e-learning consiste à atteindre les meilleurs résultats en termes d'apprentissage.  Sauf qu'on s'aperçoit aussi que peu d'entreprises "fournisseurs" ont agi pour améliorer la qualité de leur formation (34%) et surtout on n'arrive pas à avoir beaucoup d'informations sur la qualité de la formation - particulièrement chez les apprenants. Bref, la qualité importe, mais on n'arrive pas à savoir si sa formation est de qualité et on n'a pas l'impression d'avoir des gestes concrets en ce sens.

Un constat navrant pour lequel l'EQO fait des recommandations assez claires sur la mise en oeuvre d'une qualité en e-formation pour l'Europe d'ici 2010, que la qualité ne se retrouve pas seulement dans les grandes entreprises comme c’est le cas actuellement. Néanmoins, le constat est peut-être sévère pour un type de formation qui est plutôt récent dans l'histoire humaine. Surtout qu'il faut répondre avant tout à la question : comment va-t-on établir un outil de mesure de la qualité dans ce domaine ? L'EQO a beau faire des recommandations pour justement faire des recherches en ce sens et des consultations, il n'en reste pas moins que c'est un sujet fortement délicat car très subjectif.

En effet, reprenons juste l'idée de la qualité pour 50% des répondants : atteindre les meilleurs résultats en termes d'apprentissage. Mais on veut dire quoi ? Un programme facile à réussir ? Un programme qui réussit à nous faire apprendre énormément de choses ? Ou grâce auquel on peut facilement mettre en application ses connaissances dans un contexte sortant de la théorie ? Le sujet est vaste car tous ne recherchent pas nécessairement la même chose d'une e-formation. Certains cherchent à apprendre davantage, d'autres à perfectionner ce qu'ils connaissent déjà, d'autres à acquérir de nouvelles compétences pratiques pour un poste supérieur ou différent (ou même, carrément, une réorientation de carrière). 

Ainsi, si on sent que les intentions de l'EQO sont seulement à titre "indicatif" pour améliorer la qualité de l'e-learning, il faut admettre qu'à la lecture du rapport, elle laisse un grand débat derrière elle. Un débat très difficile car il est déjà ardu, à certains égards, de qualifier la qualité de la formation traditionnelle... Pourtant, le débat ou la réflexion devra se faire car il est inquiétant de voir que beaucoup ne sentent pas que la qualité de l'e-formation soit adéquate. Il faut que les fournisseurs et les utilisateurs discutent ensemble de moyens pour améliorer la qualité des formations offertes. L'avantage est que le domaine de la formation à distance et l'e-learning se développe de plus en plus, a une meilleure presse et est de plus en plus utilisé autant dans les milieux scolaires que professionnels. Il sera peut-être plus facile dans un contexte de développement de la sorte d'aborder le débat avec positivisme et dynamisme. L'avenir s'annonce de qualité pour l'e-formation, à condition de définir cette qualité et de l’offrir aux utilisateurs.

L'étude complète en français se trouve sur cette page.

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